Les tours de bureaux de plus en plus désertées à Montréal

La crise frappe de plein fouet les tours de bureaux du centre-ville, faisant grimper le taux général d’inoccupation à 12,4% au quatrième trimestre de 2020, en hausse de 2,6 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de l’année.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La crise frappe de plein fouet les tours de bureaux du centre-ville, faisant grimper le taux général d’inoccupation à 12,4% au quatrième trimestre de 2020, en hausse de 2,6 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de l’année.

Le centre-ville de Montréal est sur « pause » depuis bientôt près d’un an et à mesure que le temps passe, l’engouement pour le télétravail perd des plumes — bien que la tendance soit là pour rester. Le taux de vacance dans les tours de bureaux du centre-ville, quant à lui, augmente. Dans leur deuxième rapport sur l’état du centre-ville, l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) et Montréal centre-ville dressent quelques constats que voici.

Le télétravail perd de son charme

Encore aujourd’hui, la majeure partie des travailleurs du centre-ville poursuivent leurs activités professionnelles à la maison plus de trois jours par semaine. Ils étaient environ 70 % au quatrième trimestre de 2020, selon le rapport diffusé jeudi.

Cependant, si une vaste majorité d’entre eux veulent continuer de travailler à distance, l’engouement pour le télétravail semble toutefois perdre de son attrait depuis le début de la pandémie. Est-ce le signe d’une certaine lassitude ?

Selon un sondage publié dans le rapport, les deux tiers des répondants (67 %) souhaitent continuer le télétravail la majorité du temps après la pandémie alors qu’ils étaient 76% au deuxième trimestre de 2020, un recul de neuf points de pourcentage.

« Le télétravail n’est ni une panacée, ni passager », résume Jean-Marc Fournier, p.-d.g. de l’IDU. Il faudra donc s’en accommoder.

Quel retour au bureau ?

Une fois que la page de la pandémie sera tournée, il est fort probable que certaines craintes sur le plan sanitaire persistent. Il faudra alors probablement procéder à des aménagements dans les milieux de travail, croit M. Fournier.

En effet, toujours selon le même rapport, seuls 25 % des répondants voudraient travailler dans un espace à aire ouverte sans cloisons ni cubicules. Le reste des répondants (75 %) préfèrent un retour au bureau dans des pièces fermées ou dans des espaces ouverts, mais avec des cloisons ou des cubicules (voir graphique).

« Non seulement faudra-t-il mettre en place des incitatifs intra-muros, comme l’assurance d’une protection sanitaire, mais les incitatifs extra-muros seront également importants », souligne M. Fournier, en référence à l’ambiance du centre-ville et ce qu’il a à offrir, comme la proximité des commerces ou des restaurants.

Selon le sondage, 51% des répondants affirment que l’ambiance qui règne au centre-ville en temps normal les motive à retourner au bureau.

Davantage de bureaux à louer

D’ici là, toutefois, la crise frappe de plein fouet les tours de bureaux du centre-ville, faisant grimper le taux général d’inoccupation à 12,4 % au quatrième trimestre de 2020, en hausse de 2,6 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de l’année. « C’est préoccupant que le taux augmente autant en si peu de temps », reconnaît M. Fournier.

« Mais la situation est contrastée selon les types de bâtiments. Par exemple, la situation a relativement peu bougé pour les immeubles de grande hauteur dans le quartier central des affaires, mais la détérioration a été importante dans les immeubles un peu plus vétustes », note-t-il.

Méthodologie

Le sondage Web, pour le deuxième rapport « L’état du centre-ville », a été réalisé entre le 6 et le 14 janvier auprès de 1 000 résidents de la région métropolitaine de Montréal. Les questions portaient sur la situation avant le 24 décembre 2020, et donc avant l’imposition de la fermeture des commerces non essentiels (25 décembre 2020) et du couvre-feu (9 janvier 2021).

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