La Fed n'exclut pas une hausse rapide des taux

Washington — L'économie américaine va mieux dans l'ensemble mais la Réserve fédérale (Fed) ne peut exclure une hausse plus rapide que prévu des taux d'intérêt en cette année électorale, a indiqué hier son président, Alan Greenspan, devant le Congrès.

«Non seulement l'activité économique s'est accélérée, mais la reprise s'est élargie à un plus grand nombre de secteurs et a produit des gains notables en emplois», a souligné M. Greenspan lors de son rapport semestriel sur la politique monétaire et l'économie devant les sénateurs.

Si la reprise de la demande a contribué à créer de l'inflation cette année, «cette inflation a aussi été favorisée par des facteurs transitoires comme la hausse des prix de l'énergie», selon M. Greenspan.

Et si le surcoût passagé de l'énergie a conduit à un ralentissement des dépenses des consommateurs, «ce ralentissement devrait avoir vécu», a encore ajouté le président de la Fed.

Sur le plan de l'emploi, il s'est félicité «des conditions améliorées ces derniers mois sur le marché du travail» avec la création en moyenne de près de 200 000 emplois mensuels, «ce qui aura sans aucun doute un effet important sur les dépenses des ménages».

Dans ce contexte «de croissance plus soutenue de la demande et d'une reprise plus large de l'emploi, la politique monétaire accommodante mise en place à partir de 2001 devient de plus en plus inutile», a affirmé le président de la Fed.

Il a par ailleurs estimé que les «marchés financiers, les ménages et les entreprises semblent raisonnablement bien préparés pour faire face à une transition vers une politique monétaire plus neutre», autrement dit à de nouvelles hausses des taux prévisibles.

Première hausse

Le 30 juin dernier, la Fed a remonté, pour la première fois en quatre ans, son principal taux directeur à 1,25 %, alors qu'il était resté un an à 1 %, son plus bas niveau depuis 1958.

Le comité monétaire de la Fed avait alors souligné que le rythme de hausse future des taux sera sans doute «mesuré» mais il n'avait pas exclu de devoir agir avec plus de vigueur.

Sans annoncer clairement de nouveaux délais ni de nouveaux pourcentages de hausse des taux lors des prochaines réunions du comité de politique monétaire de la Fed, M. Greenspan a néanmoins préparé le terrain. Il reste deux réunions prévues du comité monétaire, une en août et une en septembre, avant l'élection présidentielle américaine du 2 novembre.

«Même si les développements économiques dictent un ajustement de la politique monétaire d'une manière moins progressive de sorte à assurer la stabilité des prix, notre économie semble s'être préparée elle-même pour un ajustement plus dynamique des taux d'intérêt», a encore expliqué M. Greenspan devant les sénateurs.

Baisse des prévisions

Dans son rapport sur l'économie américaine, il a très légèrement revu à la baisse la prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour 2004 qu'il place désormais dans une marge entre 4,50 et 4,75 % et un ralentissement plus marqué en 2005 entre 3,50 % et 4 %.

Dans la prévision publiée en février, la Fed tablait sur une croissance comprise entre 4,5 % et 5 % (du quatrième trimestre 2003 au quatrième trimestre 2004).

La Fed voit également une hausse des prix à la consommation, hors énergie et alimentation qui sont les éléments les plus versatiles de cet indice, comprise entre 1,75 % et 2 % en 2004.

Le taux de chômage devrait se situer entre 5,25 % et 5,50 % contre 5,6 % actuellement (chiffre de juin du département du Travail).