Porsche Boxster - Éloge de la perfection

La ligne de la Boxster, comme celle de la 911, est intemporelle; il n’était donc pas nécessaire d’en faire plus.
Photo: La ligne de la Boxster, comme celle de la 911, est intemporelle; il n’était donc pas nécessaire d’en faire plus.

La voiture sport parfaite existe, je l'ai conduite.

En 13 ans de métier, je n'ai jamais écrit pareille chose, pour la bonne et simple raison que cela ne m'était pas arrivé de conduire une voiture parfaite — selon mes propres critères, bien sûr, le métier de chroniqueur comportant une dose de subjectivité.

De toute façon, il n'existait pas, croyais-je, de voiture parfaite.

Après avoir fait l'essai des deux versions de la Porsche Boxster, j'ai dû me rendre à l'évidence: la perfection existe.

Descendante d'une légende

Modèle d'entrée de gamme chez Porsche, la Boxster évoque la légendaire 550 Spyder qui, entre 1954 et 1956, a contribué à enrichir le palmarès sportif de la firme de Stuttgart. C'est également au volant de cette voiture mythique qu'un autre mythe, l'acteur James Dean, trouva la mort en 1955.

D'une certaine façon, la Boxster aura été l'instigatrice de la tendance «néo-rétro» qui a ressuscité des légendes comme la Coccinelle et la Mini. Introduite en 1997, elle a subi des retouches esthétiques discrètes l'année dernière. La ligne de la Boxster, comme celle de la 911, est intemporelle; il n'était donc pas nécessaire d'en faire plus.

L'exception à la règle

Les roadsters se font souvent reprocher leur habitacle exigu et peu pratique. Puisqu'il faut une exception, ce sera la Boxster. Pour son côté fonctionnel, d'abord: on retrouve des espaces de rangement dans les portières, derrière les sièges, dans la console centrale... Par ailleurs, les personnes de grande taille n'auront pas la tête collée au toit si celui-ci est en place. Quant à la finition, qui a fait l'objet de critiques par le passé, elle s'est révélée impeccable dans les deux véhicules mis à notre disposition.

Les puristes apprécieront l'emplacement du compte-tours, en plein centre du tableau de bord, et le fait qu'il soit surdimensionné par rapport aux autres cadrans. Restons dans la perfection: le confort des baquets n'a d'égal que le soutien qu'ils procurent. Ils sont parfaits, tout simplement!

Perfection mécanique...

Lors de sa première cure de rajeunissement, l'an dernier, la Boxster a vu ses deux motorisations gagner en puissance. Ainsi, le 6-cylindres à plat de

2,7 litres de la version de base génère désormais 225 chevaux, tandis que celui de la Boxster S (3,2 litres) en produit 258. Ces deux moteurs de type Boxer (aux cylindres horizontaux) continuent de terrasser ceux des roadsters rivaux.

Le couple est présent à tous les régimes — quoique supérieur à bas régime pour le 3,2 litres de la Boxster S. C'est d'ailleurs là que réside la principale différence entre les deux motorisations; sinon, elles offrent de solides performances, tout en émettant cette sonorité rauque qui est le propre des moteurs de la marque. Quant aux boîtes de vitesses manuelles — à 5 rapports pour la Boxster et à 6 rapports pour la S —, elles prouvent, encore une fois, que la perfection est de ce monde. Elles sont précises, la course de leur levier est courte, et l'étagement des rapports est un modèle du genre. La boîte automatique bimodale Tiptronic est également proposée, mais on peut s'interroger sur sa pertinence à bord d'une telle voiture.

... et sur route

Comme ses rivales (BMW Z4, Honda S2000, Mercedes SLK, Nissan 350Z Roadster), la Box

ster est une propulsion, mais elle se distingue par la position centrale de son moteur. Cela permet une meilleure répartition des masses, optimisant ainsi le comportement routier qui, vous l'avez deviné, est parfait...

Avec un roadster à moteur avant, on a l'impression, dans un virage, que l'avant pointe et entraîne le reste de la voiture; au volant de la Boxster, on a plutôt l'impression qu'elle se déplace tout d'un bloc, une impression renforcée par la rigidité exceptionnelle de la caisse et sa neutralité en virage. Nous avons aussi affaire à une routière étonnamment confortable, avec laquelle il est possible d'enchaîner les kilomètres sans se retrouver chez le chiro.

La direction et le freinage se méritent eux aussi une note parfaite.

Conclusion

Dans un monde parfait, la voiture parfaite serait abordable. Mais nous ne vivons pas dans un monde parfait. Avec une échelle de prix variant entre

60 000 $ et 75 000 $, les Boxster et Boxster S demeurent des voitures exclusives, d'autant plus qu'on les utilise rarement l'hiver. Un jouet coûteux, diront certains, mais c'est le prix de la perfection!

FICHE TECHNIQUE

Porsche Boxster
- Moteur: 6-cylindres à plat 2,7 L ou 3,2 L
- Puissance: 225 ch (2,7 L) ou 258 ch (3,2 L)
- 0 à 100 km/h: 6,1 s (Boxster S)
- Vitesse maximale: 250 km/h (Boxster S)
- Consommation: 12 L / 100 km (Boxster S)
- Échelle de prix: 60 650 $ à 73 450 $

(Source: L'Annuel de l'automobile 2004)