2020, la pire année pour l’économie canadienne?

L’estimation éclair, qui n’a pas encore été finalisée, serait pire que la contraction économique de 3,2 % enregistrée en 1982 — pour l’instant la pire en six décennies de données comparables.
Photo: Jeff Chiu Associated Press L’estimation éclair, qui n’a pas encore été finalisée, serait pire que la contraction économique de 3,2 % enregistrée en 1982 — pour l’instant la pire en six décennies de données comparables.

L’économie canadienne semble avoir connu sa pire année jamais enregistrée en 2020, les estimations préliminaires de Statistique Canada signalant une contraction de l’ordre de 5,1 %.

L’estimation éclair, qui n’a pas encore été finalisée, serait pire que la contraction économique de 3,2 % enregistrée en 1982 — pour l’instant la pire en six décennies de données comparables. Même au plus fort de la crise financière mondiale en 2008, les choses n’étaient pas aussi mauvaises que l’an dernier. Le PIB avait chuté de 2,9 % en 2009.

5,1
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Il s’agit du pourcentage de contraction du PIB du pays l’an dernier, selon Statistique Canada.

Statistique Canada a indiqué que les données officielles seraient révisées et diffusées le 2 mars.

La glissade annuelle est largement attribuable aux fortes baisses de mars et avril, alors que de larges pans de l’économie ont été fermés pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Depuis lors, l’activité économique a progressé lentement et régulièrement.

L’économie a crû de 0,7 % en novembre, enregistrant un septième mois consécutif de gains après les fortes baisses du printemps, a indiqué vendredi Statistique Canada. Cette croissance fait suite à une augmentation de 0,4 % en octobre. Le mois de novembre a notamment été marqué par des nouvelles positives au sujet des vaccins contre la COVID-19 et l’élection présidentielle américaine.

L’agence a également déclaré que son estimation préliminaire du PIB de décembre annonçait une croissance de 0,3 %, alors même qu’une grande partie du pays se dirigeait vers de lourdes restrictions pour ralentir la deuxième vague de contaminations et que des emplois avaient été perdus.

Selon l’économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC, les chiffres dévoilés vendredi indiquent que l’économie s’est mieux rétablie que prévu au cours des derniers mois de 2020. « Cela dit, l’économie ne pourra pas avoir le meilleur sur la deuxième vague du virus bien longtemps », a écrit M. Mendes dans une note. « Avec la hausse du chômage en décembre et le resserrement des restrictions par les responsables de la santé publique en janvier, la situation est probablement devenue plus grave dans la nouvelle année. »

« Étonnamment, l’économie canadienne a fait preuve d’une bonne résilience à la fin de 2020 […] Visiblement, les répercussions négatives de la seconde vague sont moins importantes qu’on le pensait, écrit Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins. Cela dit, l’économie canadienne n’y échappera pas. Plusieurs nouvelles mesures sanitaires ont été décrétées partout au pays. »

M. Durocher entrevoit un retour du PIB en territoire négatif en janvier. Cette rechute pourrait toutefois être de courte durée, croit-il, n’excluant pas que la variation mensuelle du PIB revienne en territoire positif dès février.

Avec Le Devoir