AddÉnergie encouragée par le plan du gouvernement Biden

Fondée en 2009, AddÉnergie a livré plus de 35 000 bornes à ce jour, dont la presque totalité des bornes du Circuit électrique.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Fondée en 2009, AddÉnergie a livré plus de 35 000 bornes à ce jour, dont la presque totalité des bornes du Circuit électrique.

S’il y avait déjà une tendance de fond dans l’électrification des transports, la conversion des 645 000 véhicules du gouvernement fédéral évoquée lundi par le président américain est un catalyseur indéniable pour la suite des choses, estime le fabricant québécois de bornes de recharge AddÉnergie. Pour répondre à la demande prévue des prochaines années, la compagnie ne cache pas qu’elle songe à se doter d’une usine aux États-Unis, où elle a mis le pied il y a deux ans.

Le président américain, Joe Biden, dont l’un des premiers gestes a consisté à réintégrer les États-Unis dans l’Accord de Paris pour combattre les changements climatiques, a également pour objectif l’installation de 550 000 bornes de recharge à travers le pays d’ici 2030.

« L’année 2020 a été un défi. Mais il y avait une tendance de fond, et là on sent que tout s’accélère », a dit en entrevue téléphonique le président et chef de la direction d’AddÉnergie, Louis Tremblay, dont l’entièreté de la production est actuellement effectuée à l’usine de Shawinigan. « Il pouvait y avoir un certain climat d’incertitude auparavant, et là ça nous dit simplement que les quatre prochaines années vont être relativement stables et que les choses vont se passer vite. On pense que les ventes vont s’accélérer, mais il y a des décisions à prendre pour s’assurer de pouvoir saisir ces occasions. »

Fondée en 2009 et connue également pour son réseau FLO, AddÉnergie a livré plus de 35 000 bornes à ce jour, dont près de 2000 aux États-Unis. La compagnie a concentré une partie de ses efforts sur le Nord-Est américain et sur la côte ouest, mais a aussi signé une entente avec Electrada, basée dans le Midwest, pour le déploiement de 3000 bornes sur cinq ans en Ohio, au Kentucky et en Indiana. M. Tremblay a évoqué l’annonce prochaine d’un partenariat « national » avec un client présent dans « la majorité des États américains ».

Une usine au sud

« Le Canada, c’est notre gros marché, mais les États-Unis, c’est par là que notre croissance va passer, a dit M. Tremblay. Avec le volume attendu dans le marché américain, on sait qu’il va falloir croître. On réfléchit à l’implantation d’une usine au sud de la frontière. » Invité à préciser un échéancier, il a dit que « c’est préliminaire, mais M. Biden ne nous donne pas trop, trop le luxe du temps en ce moment ».

L’annonce de l’électrification de la flotte gouvernementale est toutefois arrivée au moment où le gouvernement Biden a parlé d’un resserrement des règles du « Buy American », ce qui a suscité un peu d’inquiétude chez certains manufacturiers québécois habitués au marché américain. La déléguée du Québec à New York, Catherine Loubier, a cependant tenté de les rassurer mardi lors d’une conférence du Conseil des relations internationales de Montréal, en mentionnant entre autres que les règles du commerce mondial permettent de prévenir des abus.

« On aimerait beaucoup, comme c’est arrivé en bonne partie dans le passé, avoir une réciprocité entre le Canada et les États-Unis, a dit M. Tremblay. Par contre, à la vitesse où les choses se passent en ce moment, pour notre entreprise, en toute lucidité, on n’attendra pas que tout ça se confirme. On va être proactifs pour s’assurer qu’on contrôle un peu notre destinée. […] Parce que c’est clair dans le message de Joe Biden que le Buy American va être très strict, qu’il faut créer des emplois, qu’il faut un contenu. »

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