Metro souhaite participer à l’effort de vaccination

La crise sanitaire a eu un effet sur l'augmentation des ventes alimentaires en ligne de l'épicier, qui ont explosé de 170% au premier trimestre.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La crise sanitaire a eu un effet sur l'augmentation des ventes alimentaires en ligne de l'épicier, qui ont explosé de 170% au premier trimestre.

La pandémie de COVID-19 continue d’engraisser les ventes de Metro, qui accélère son virage en ligne en plus de se préparer à mettre son réseau de pharmacies à la disposition d’une campagne de vaccination massive contre le nouveau coronavirus au Québec.

Si les échanges avec les autorités gouvernementales sont encore préliminaires, le propriétaire de la chaîne de pharmacies Jean Coutu a signalé mardi qu’il souhaitait pouvoir participer à l’effort actuel. « À l’automne, la campagne de vaccination antigrippale a été un succès et les pharmaciens sont équipés pour prendre des rendez-vous et offrir le service de vaccination le temps venu », a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric La Flèche, lors d’une visioconférence en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires.

« Au niveau financier, je n’ai pas les détails, mais peut-être [qu’il y aurait] des honoraires négociés avec l’Ordre des pharmaciens. Mais il n’y aurait pas vraiment d’impact financier pour nous », a répondu le patron de la compagnie lorsqu’interrogé sur le gain potentiel pour l’entreprise.

Explosion des ventes en ligne

La crise sanitaire n’a pas seulement un effet sur la performance financière de l’épicier, mais également sur l’explosion des ventes alimentaires en ligne, qui ont explosé de 170 % au premier trimestre. Le volume a atteint un niveau qui était anticipé d’ici « deux ou trois ans », a expliqué M. La Flèche.

Pour s’adapter, la compagnie a déployé une série d’initiatives, dont celle visant à offrir le service « Cliquez et ramassez » dans 170 épiceries Metro en Ontario et au Québec au cours de l’actuel exercice financier, qui se termine à la fin de septembre. Un centre destiné à l’assemblage des commandes en ligne verra également le jour cet été à Montréal.

Cela s’accompagne toutefois d’une facture pour Metro, a reconnu son président, parce que c’est l’entreprise qui doit assembler la commande, puisque le « client est appelé à faire moins de travail que d’aller en magasin » et faire son épicerie.

« Avec le volume qui augmente, cela permet de dégager une légère marge de profit, mais cela n’est pas aussi payant pour nous, a dit M. La Flèche. On pense que la majorité des ventes vont demeurer dans les magasins, mais nous sommes dans un nouvel environnement où le commerce en ligne fait partie de la donne.

À l’automne, la campagne de vaccination antigrippale a été un succès et les pharmaciens sont équipés pour prendre des rendez-vous et offrir le service de vaccination le temps venu.

Au premier trimestre, Metro a vu son chiffre d’affaires s’établir à 4,28 milliards, en hausse 6,2 %. Ses profits nets ont bondi de 12,3 %, à 191,2 millions de dollars, ou 76 ¢ par action. Le conflit de travail qui s’est échelonné sur huit semaines au centre de distribution de Jean Coutu situé à Varennes a eu un effet négatif de 5 ¢ sur le bénéfice net par action.

Au premier trimestre, le chiffre d’affaires des magasins d’alimentation ouverts depuis au moins un an — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail — a progressé de 10 %. Cette tendance ne semble pas sur le point de s’inverser, puisqu’au cours des quatre premières semaines du deuxième trimestre, la croissance des ventes comparables des épiceries était de l’ordre de 12 %.

Le portrait a été différent du côté des pharmacies, où l’augmentation du chiffre d’affaires comparable a été de 1,3 %. La hausse observée du côté des médicaments d’ordonnance a été contrebalancée par une contraction dans la section commerciale, en raison notamment d’une baisse de l’achalandage. Metro espère que Québec lèvera, le 8 février, l’interdiction entourant la vente de produits non essentiels, ce qui donnera un coup de pouce aux sections commerciales de ses pharmacies, qui ont vu leurs ventes comparables décliner de 11,7 % depuis le début du trimestre.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de Metro s’est établi à 197,7 millions de dollars, ou 79 ¢ par action, au premier trimestre, en hausse de 4,6 % par rapport à il y a un an.

 

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