Un millier de syndiqués de l'Iron Ore déclenchent la grève

Labrador City — Plus de 1000 travailleurs syndiqués de l'Iron Ore à Labrador ont déclenché la grève hier après avoir rejeté par une vaste majorité les dernières offres patronales.

Les édiles municipaux et les gens d'affaires craignent pour l'avenir de Labrador City, une ville minière de 7700 habitants, en cas de conflit de travail prolongé.

La ville pourrait fermer, a déclaré le maire Graham Letto, un ancien employé des mines. Labrador City et la ville voisine de Wabush, qui sont maintenant des villes fusionnées, ont été construites à seule fin de produire du minerai de fer. La majorité des entreprises de l'endroit fournissent des produits ou des services à la compagnie minière. Les deux mines de la région produisent environ 60 % des exportations canadiennes de minerai de fer.

Par ailleurs, plus de 300 métallurgistes sont en grève à Wabush Mines et à l'usine de bouletage Wabush de Pointe-Noire, au Québec, depuis le 5 juillet. C'est la sous-traitance qui est à l'origine du conflit de travail à Wabush.

Hier, environ 800 employés d'Iron Ore ont organisé un défilé impromptu au beau milieu de Labrador City, après le vote de grève.

Concessions inacceptables

Les négociateurs du Syndicat des métallurgistes unis avaient recommandé de rejeter les dernières offres de la compagnie, la multinationale britannique Rio Tinto, après la rupture des pourparlers, dimanche. Selon le syndicat, ce sont les concessions exigées de la partie patronale qui ont conduit à la rupture.

«Rio Tinto veut sabrer le régime d'assurance, les retraites, geler les salaires et tracer des profils psychologiques des employés sur lesquels baser les mesures disciplinaires, a déclaré Wayne Fraser, le porte-parole syndical, à son bureau de Toronto. Quelle personne sensée pourrait accepter cela?»

M. Fraser a poursuivi en disant que les 250 travailleurs portuaires de Sept-Îles, au Québec, et les 1000 mineurs de Labrador City ont contribué au succès de la compagnie au cours des trois dernières années, et ils veulent une convention collective juste.

Michel Filion, un porte-parole de l'Iron Ore du Canada, a indiqué que les bâtiments et les équipements de production de Labrador City faisaient l'objet de mesures de protection et que la compagnie continuerait d'expédier du minerai emmagasiné à ses installations de Sept-Îles. «Nous allons continuer de répondre aux besoins de nos clients», a-t-il ajouté.