Hydro-Québec souhaite des avancées avec les Premières Nations

Les Premières Nations de Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik ainsi que la Nation innue du Labrador avaient souligné qu’au moment où Hydro-Québec s’apprête à générer d’importants revenus en exportant de l’hydroélectricité, la province ne manifestait aucune volonté d’offrir un dédommagement pour la destruction de territoires traditionnels.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les Premières Nations de Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik ainsi que la Nation innue du Labrador avaient souligné qu’au moment où Hydro-Québec s’apprête à générer d’importants revenus en exportant de l’hydroélectricité, la province ne manifestait aucune volonté d’offrir un dédommagement pour la destruction de territoires traditionnels.

Il y a encore des « zones d’amélioration » chez Hydro-Québec en matière de relations avec les communautés autochtones, reconnaît sa présidente-directrice générale, Sophie Brochu, qui demande néanmoins une chance pour tenter d’apaiser la méfiance chez celles qui s’opposent au projet d’une ligne de transport d’électricité vers la Nouvelle-Angleterre.

La société d’État a vu, au début du mois de décembre, cinq Premières Nations ainsi que la Nation innue du Labrador demander à la Régie de l’énergie du Canada de ne pas donner son aval à l’interconnexion — dont une partie devra être construite en territoire québécois — en faisant valoir la défense de leurs droits constitutionnels.

« Il ne faut surtout pas être en colère à leur égard parce qu’on amène des doléances sur des tribunes qui leur apparaissent presque comme des derniers recours », a expliqué Mme Brochu, vendredi, dans le cadre d’une entrevue téléphonique. Elle a souligné qu’Hydro-Québec avait réalisé des progrès en la matière depuis les années 1970, en ayant conclu des dizaines d’ententes. Elle a aussi exprimé le souhait de pouvoir faire avancer les discussions afin de « développer des idées et des projets » pour améliorer le climat, sans toutefois fournir d’exemples précis dans le cas présent.

Les Premières Nations de Pessamit, Wemotaci, Pikogan, Lac-Simon et Kitcisakik ainsi que la Nation innue du Labrador avaient souligné, dans leur sortie commune, qu’au moment où Hydro-Québec s’apprête à générer d’importants revenus en exportant de l’hydroélectricité, la province ne manifestait aucune volonté d’offrir un dédommagement pour la destruction de territoires traditionnels. Des arguments similaires avaient également été transmis au ministère américainde l’Énergie en novembre dernier dans le cadre du dépôt d’un mémoire.

Vent de résistance

« Il y a de la méfiance et c’est légitime qu’il y ait de la méfiance. Et si nous avons une aspiration, c’est que ce niveau de méfiance s’apaise à travers le temps », a dit Mme Brochu, en rappelant que la société d’État n’avait pas la légitimité de reconnaître des droits, ce qui relève d’Ottawa et de Québec.

Le projet en question est le New England Clean Energy Connect (NECEC), qui dispose de toutes les approbations nécessaires au sud de la frontière. Il doit acheminer 9,5 térawattheures d’énergie au Massachusetts dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement qui doit générer des revenus de plusieurs milliards de dollars. Il y a également de l’opposition au Maine, un État que le tracé de la ligne doit emprunter. Des opposants viennent de revenir à la charge dans l’espoir de forcer la tenue d’une nouvelle consultation populaire. De l’avis de la coalition, la société d’État crie victoire « trop tôt » dans le dossier.

Mme Brochu a estimé que « les prochains mois » devraient offrir l’occasion d’explorer ce qu’Hydro-Québec peut faire. « Est-ce que je demande “donne-moi une chance ?” Ce que je dis, c’est qu’Hydro-Québec va avancer au mieux qu’elle le peut. Il faut que l’on fasse preuve d’humilité. »

Porte ouverte

Lucien Wabanonik, un porte-parole de la nation anichinabée du Lac-Simon, a indiqué qu’à l’heure actuelle, il n’y avait pas d’échanges avec la société d’État et Québec. Toutefois, la porte est ouverte pour des « discussions sérieuses », a-t-il dit. « Nous voulons avoir des garanties et des assurances que cela soit des discussions porteuses, a dit M. Wabanonik. Ce qu’on souhaiterait, c’est d’avoir une table de discussion formelle. Il faut que ça change, on ne peut plus accepter le statu quo d’Hydro-Québec, qui renvoie la balle au gouvernement du Québec. »

Dans une lettre ouverte publiée plus tôt cette semaine, la dirigeante de la société d’État avait souligné que depuis les années 1970, plus de 40 ententes avaient été conclues avec cinq nations différentes, notamment pour « garantir des retombées économiques ». En entrevue, Mme Brochu a toutefois ajouté qu’Hydro-Québec ne serait « jamais capable de satisfaire » les revendications entourant le projet du corridor énergétique, puisque la société n’a « pas les leviers » pour reconnaître un territoire.

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