Les entreprises espèrent un taux de vaccination élevé

La vaccination contre la COVID-19 se fait selon une catégorisation des groupes jugés prioritaires.
Photo: Loic Venance Agence France-Presse La vaccination contre la COVID-19 se fait selon une catégorisation des groupes jugés prioritaires.

La campagne de vaccination en est encore au stade des personnes vulnérables et du personnel de la santé, mais les entreprises sont nombreuses à espérer un taux élevé de vaccination parmi leurs employés pour la suite des choses, certaines évoquant déjà l’idée de vacciner sur place si la Santé publique va dans le sens d’une telle opération et si elles sont en mesure de le faire.

« Chez les grands employeurs qui ont des équipes médicales sur place, il y a une volonté de contribuer à l’effort de vaccination, donc de pouvoir vacciner leurs employés, les familles des employés et même d’élargir ça aux gens autour de l’entreprise [dans la communauté] », a indiqué en entrevue la présidente des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Véronique Proulx, qui représente 1100 entreprises.

« C’est clair qu’ils vont encourager leurs employés. Le vaccin, c’est la lumière au bout de notre tunnel. C’est ce qui va permettre aux entreprises de reprendre leurs activités de façon durable et pérenne. Si on se retrouvait dans une entreprise, et je vais utiliser un chiffre fictif, où 25 % des employés refuseraient de se faire vacciner, ça causerait un problème pour cette entreprise éventuellement, en matière d’absences, de congés de maladie, etc. », a ajouté Mme Proulx.

Exceldor, une coopérative d’abattage et de transformation de volaille qui a composé avec un certain nombre de cas en 2020, affirme ne pas savoir encore si le vaccin sera donné sur les lieux de travail, mais elle demeure à l’affût. « Nous collaborons depuis un moment déjà avec la Santé publique et nous continuerons de le faire lorsqu’il sera temps de procéder à la vaccination. S’ils nous approchent pour organiser une campagne de vaccination sur le lieu de travail, nous serons en mesure de la déployer », a indiqué un porte-parole au Devoir. De son côté, le dirigeant d’une importante usine de couvre-plancher à Sherbrooke, American Biltrite, a expliqué que l’objectif sera de faciliter le plus possible la vaccination des employés qui le souhaitent, si possible en entreprise.

Travailleurs essentiels

La vaccination contre la COVID-19 se fait selon une catégorisation des groupes jugés prioritaires : résidents en CHSLD, personnel soignant, résidences pour personnes âgées, communautés isolées, 80 ans et plus, 70-79 ans, etc. En date du 19 janvier, 174 260 doses ont été administrées, selon les données de la santé publique.

Le Conseil de la transformation alimentaire du Québec s’est tourné vers le ministère de l’Agriculture pour que soient considérés comme essentiels les travailleurs des secteurs « qu’on considère les plus à risque et où il y a, et où il y a eu, le plus d’éclosions », a dit sa p.-d.g., Sylvie Cloutier. « C’est clair qu’on ne veut pas prendre la place et les vaccins des plus vulnérables. En même temps, on ne parle pas de la transformation alimentaire de façon large. On parle vraiment de certains cas qu’on a vus dans les abattoirs et les usines de transformation de viande et de volaille. […] C’est quand même très limité. On ne veut pas faire de demande et passer par-dessus les populations les plus vulnérables, ça c’est clair. »

Le vaccin, c’est la lumière au bout de notre tunnel. C’est ce qui va permettre aux entreprises de reprendre leurs activités de façon durable et pérenne.

 

L’enjeu a été soulevé dès la fin de l’automne, au congrès virtuel de l’Union des producteurs agricoles. « Je pose la question. Je n’interpelle personne, mais je pose la question », a dit le président général de l’UPA, Marcel Groleau. « Est-ce que les secteurs des services essentiels que sont l’agriculture et la transformation alimentaire auront un traitement particulier dans l’accès à la vaccination ? » a demandé M. Groleau, dont le discours est disponible sur FaceBook. « Je pense que c’est quelque chose qui devrait être considéré compte tenu des impacts que cela entraîne sur la chaîne alimentaire lorsque, par exemple, un abattoir important doit fermer ses portes le temps que la situation se corrige lorsqu’il y a une éclosion. »

« On attend de voir ce que les gouvernements vont faire », a dit Roxane Larouche, porte-parole des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui comptent 55 000 membres au Québec et au Nouveau-Brunswick. « On va fortement encourager nos membres à se faire vacciner pour se protéger et protéger leurs collègues de travail, et ceux qui travaillent avec le public pour protéger les clients également. […] Ce serait étonnant que ce qui était prioritaire lors de la première vague, et aussi maintenant avec le couvre-feu, car ces personnes ont des exceptions, ce serait étonnant donc que le gouvernement tourne le dos à ces travailleurs-là. »

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