Pas de hausse de dividendes pour les banques

Les banques et assureurs ne pourront augmenter leurs dividendes tant que les mesures de confinement pour contrer la COVID-19 n’auront pas disparu.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les banques et assureurs ne pourront augmenter leurs dividendes tant que les mesures de confinement pour contrer la COVID-19 n’auront pas disparu.

Le surintendant de l’un des organismes de réglementation financière du Canada n’envisagera pas de permettre aux banques et aux assureurs d’augmenter leurs dividendes, de procéder à des rachats d’actions ou d’augmenter la rémunération de leurs dirigeants tant que les mesures de confinement pour contrer la COVID-19 n’auront pas disparu.

Jeremy Rudin, du Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), a indiqué lundi qu’il ne permettrait aucune de ces mesures « tant et aussi longtemps que la voie à suivre vers une reprise durable ne sera pas clairement tracée ». Le BSIF a interdit les augmentations de dividendes, les rachats d’actions et les hausses de rémunération des hauts dirigeants au début de la pandémie, afin de garantir aux institutions financières canadiennes une certaine stabilité en matière de fonds propres, de capital et de liquidité.

Après que les grandes banques et les assureurs ont enregistré des bénéfices au cours de leurs derniers trimestres, des analystes et des investisseurs ont commencé à se demander s’il était temps d’assouplir les règles. Les remarques de M. Rudin ont été faites dans le cadre de la conférence des chefs de la direction des banques canadiennes, organisée par la Banque Royale, qui se déroulait lundi de façon virtuelle.

La reprise approche

Ces dirigeants des grandes banques canadiennes estiment qu’un rebond économique se profile à l’horizon, mais affirment que la situation s’annonce difficile à court terme et que les dépenses n’augmenteront pas vraiment avant la deuxième moitié de 2021, voire en 2022. Les grands banquiers pensent que le Canada bénéficie de généreux programmes d’aide du gouvernement, qui ont réduit les défaillances et les insolvabilités, ainsi que de l’arrivée de plusieurs vaccins prometteurs contre la COVID-19.

Cependant, les semaines à venir ne s’annoncent pas faciles puisqu’un nombre croissant de Canadiens continuent de contracter le virus. « À court terme, les choses ne seront pas aussi bonnes qu’on aurait pu l’espérer, mais dans l’ensemble, je pense que nous sommes probablement sur la bonne voie pour voir, lentement, davantage d’éléments positifs au fil de l’année », a observé lundi le chef de la direction de la Banque TD, Bharat Masrani.

Les dirigeants des principales banques du pays ont présenté leurs prévisions économiques pour l’année qui débute. Ils ont tous convenu que le Canada était au milieu d’une reprise économique, mais la rapidité avec laquelle cette reprise s’installera dépendra de la capacité du pays à maîtriser la pandémie.

Les vaccins joueront un rôle essentiel, ont-ils fait valoir. « Nous croyons qu’entre 4 et 4,5 millions de Canadiens considérés [comme étant] à haut risque devront être vaccinés avant [que l’on puisse] vraiment rouvrir l’économie, et nous pouvons y parvenir en 100 jours, si nous avons les vaccins », a estimé le chef de la direction de la Royale, Dave McKay. Une fois que les gens seront vaccinés, M. McKay croit que les Canadiens, qui économisent de l’argent depuis le début de la pandémie, voudront renouer avec les voyages et le divertissement.

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