Un passage à vide qui n’a pas la même longueur pour toutes les entreprises

Les attentes des consommateurs concernant leurs perspectives de conserver leur emploi se sont légèrement améliorées.
Photo: Juan Monino Getty Images Les attentes des consommateurs concernant leurs perspectives de conserver leur emploi se sont légèrement améliorées.

Tous les ménages et toutes les entreprises ne voient pas approcher la lumière au bout du tunnel de la COVID-19 à la même vitesse. La confiance des entreprises a montré, pour la première fois en un an, le bout de son nez en territoire positif, a rapporté lundi la Banque du Canada en dévoilant les résultats de ses enquêtes trimestrielles sur les perspectives des entreprises et les attentes des consommateurs au Canada

Tombé dans un creux de 12 ans ce printemps en raison de la pandémie, le moral des entreprises poursuivait sa remontée à la fin de l’année pour atteindre son niveau le plus élevé depuis la fin de 2018 à la faveur notamment de « la robustesse de la demande étrangère, [du] regain de confiance lié à l’arrivée des vaccins, et [du] maintien des programmes d’aide gouvernementaux », a-t-elle constaté sur la base de sondages conduits du 10 novembre au 1er décembre pour les consommateurs et du 16 novembre au 4 décembre pour les entreprises.

Réalisée, il est vrai, avant l’annonce de nouvelles restrictions pour freiner la deuxième vague de COVID-19, l’enquête sur les entreprises révèle notamment qu’elles s’attendent à une accélération des ventes au cours de la prochaine année et qu’elles affichent « des intentions d’investissement et d’embauche plus solides ».

Toutes n’ont cependant pas l’impression de s’approcher aussi vite de la proverbiale lumière au bout du tunnel, observe-t-on. Un tiers des entreprises ne croient pas que les 12 prochains mois suffiront pour leur permettre de retrouver leur rythme de croisière d’avant la pandémie. Ces entreprises qui tardent à se redresser se concentrent dans les secteurs les plus durement touchés des services « à forte proximité physique », comme la restauration et le tourisme.

« La reprise économique en K continuera d’être un thème économique important cette année », a noté dans une brève analyse Sri Thanabalasingam, économiste à la Banque TD.

Les consommateurs canadiens affichaient, eux aussi, à la fin de l’année, de plus en plus d’optimisme quant à un retour graduel à la vie normale, rapporte la Banque du Canada, quoique tempéré par l’inquiétude soulevée par la hausse rapide du nombre de cas de COVID-19.

« Les attentes des consommateurs concernant leurs perspectives de conserver leur emploi se sont légèrement améliorées, mais restent plus pessimistes qu’elles l’étaient au printemps », dit-on. « Ce résultat porte à croire que les consommateurs demeurent plus prudents qu’avant la pandémie de COVID‑19, mais qu’ils pourraient à l’avenir dépenser une partie de leurs économies ou emprunter davantage. »

Mais, là encore, tous n’entrevoient pas les prochains mois de la même manière. Particulièrement frappés par les impacts économiques de la pandémie et des mesures sanitaires des gouvernements, presque 40 % des travailleurs de 18 à 24 ans disent encore craindre de perdre leur emploi durant la prochaine année contre 16 % des 25 à 54 ans. Cette proportion continue aussi d’augmenter chez les ménages qui gagnent moins de 40 000 $ par année (21 %), alors qu’elle est inférieure et diminue chez ceux qui gagnent de 40 000 à 100 000 $ (17 %) ou plus encore (11 %).

De l’usage de la PCU

De nouvelles questions ajoutées à l’enquête de la Banque du Canada ont permis d’apprendre que si, en moyenne, la moitié (47 %) de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et autre forme d’aide financière apportée par les gouvernements aux travailleurs en difficulté est retournée dans l’économie sous forme de dépenses en biens et services — contre 30 % en paiement de leurs dettes —, cette proportion flirte avec les 60 % chez les moins riches. Quant à ces dépenses permises par les programmes d’aide, plus des trois quarts (77 %) vont à des articles essentiels (épicerie, médicaments…) dans les ménages les plus modestes, alors que les plus fortunés rapportent en profiter plutôt pour consacrer près de la moitié (47 %) des sommes à des choses comme un vélo, des meubles, du jardinage, une piscine ou une voiture.

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