Cinq mois de prison pour Martha Stewart

Hier, sur les marches du tribunal fédéral de Manhattan, Martha Stewart, tout de noir vêtue, a exprimé ses regrets avant de quitter les lieux, libre en attendant les suites de l’appel.
Photo: Agence Reuters Hier, sur les marches du tribunal fédéral de Manhattan, Martha Stewart, tout de noir vêtue, a exprimé ses regrets avant de quitter les lieux, libre en attendant les suites de l’appel.
Également condamnée à deux ans de mise à l'épreuve et à une amende de 30 000 $US, elle a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

Martha Stewart avait été reconnue coupable en mars d'obstruction à la justice, pour avoir menti aux enquêteurs chargés d'éclaircir les conditions de vente, juste avant la chute des cours, de ses 4000 actions de la société de biotechnologie ImClone.

Productrice de journaux et d'émissions axés sur la décoration intérieure, la cuisine et le jardin, Martha Stewart, 62 ans, a été considérée pendant des années, dans son pays mais aussi en Asie ou encore en Grande-Bretagne, comme l'impératrice du style et du bon goût.

Des regrets

Hier, sur les marches du tribunal fédéral de Manhattan, tout de noir vêtue, elle a exprimé ses regrets, avant de quitter les lieux, libre en attendant les suites de l'appel.

«Aujourd'hui est un jour de honte, pour moi, ma famille, ma chère société... Ce qui était une petite affaire personnelle est devenu un cirque fatal d'événements hors de toutes proportions. Mais je reste plus préoccupée par le bien-être des autres que par le mien. Plus de 200 personnes ont perdu leur emploi dans ma compagnie», a-t-elle dit devant un parterre de micros et caméras.

«Peut-être pouvez-vous continuer à montrer votre soutien en vous abonnant à notre magazine, en achetant nos produits, en encourageant nos annonceurs à revenir... Tout ce qui m'arrive personnellement ne devrait pas affecter la grande compagnie qu'est Martha Stewart Living Omnimedia [MSO]», a-t-elle ajouté.

Avant de faire une promesse: «Je reviendrai. Je reviendrai. Quoi que j'aie à faire dans les mois à venir, j'espère qu'ils passeront vite. Je suis habituée à travailler dur. Je n'ai pas peur.»

Son ancien courtier, Peter Bacanovic, reconnu coupable à ses côtés, a écopé de la même peine qu'elle.

Martha Stewart était accusée d'avoir ordonné à son courtier de vendre ses parts de la société ImClone, en décembre 2001, après avoir reçu des informations indiquant que le traitement anticancer de cette société n'allait pas recevoir d'approbation fédérale.

Selon elle, tous deux avaient simplement un accord selon lequel ils vendraient les actions d'ImClone si elles chutaient sous les 60 $US.

Avant l'annonce de sa sentence, Martha Stewart avait demandé à la juge chargée du dossier, Miriam Cedarbaum, de prendre en compte «tout le bien qu'[elle a] fait», tandis que ses fans lançaient sur Internet une pétition demandant sa grâce au président George W. Bush.

En attendant, hier matin, l'action de son empire médiatique, MSO, a gagné 26 % à la Bourse de New York après l'annonce de cette sentence, moins lourde que prévu. En quelques heures, Martha Stewart — toujours actionnaire majoritaire — a ainsi gagné quelque 77 millions $US.