La deuxième vague tarde à se faire sentir sur l’économie canadienne

Le secteur de la restauration et des débits de boisson a connu un second recul mensuel consécutif lié à la fin de la saison des repas en plein air, à la hausse des cas de COVID-19 et à la fermeture des salles à manger des restaurants.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Le secteur de la restauration et des débits de boisson a connu un second recul mensuel consécutif lié à la fin de la saison des repas en plein air, à la hausse des cas de COVID-19 et à la fermeture des salles à manger des restaurants.

L’incidence de la deuxième vague de la pandémie de coronavirus sur l’économie canadienne a été moins marquée, cet automne, qu’on ne le craignait. Mais les choses pourraient encore se gâter.

La richesse totale produite par l’économie canadienne a augmenté, une fois pris en compte l’inflation, de 0,4 % au mois d’octobre, a rapporté mercredi Statistique Canada. Moitié moins forte qu’en septembre (0,8 %), cette croissance du produit intérieur brut (PIB) réel était la sixième hausse mensuelle consécutive depuis le terrible coup de frein économique infligé par la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement imposées par les gouvernements. Un peu plus forte que les premières estimations (0,2 %), cette croissance au mois d’octobre semble bien avoir maintenu le même rythme en novembre (+0,4 %), a ajouté l’agence fédérale.

La nouvelle a eu l’heur de plaire aux observateurs. « À première vue, ces deux hausses du PIB de 0,4 % en octobre et en novembre peuvent apparaître modestes, particulièrement en comparaison du gros rebond de l’été, a noté l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, dans une brève analyse. Mais la nouvelle est que l’activité économique s’est maintenue étonnamment bien en ce début de retour des mesures de confinement. »

La nouvelle est que l’activité économique s’est maintenue étonnamment bien en ce début de retour des mesures de confinement.

Qui plus est, cette belle tenue se révèle largement répandue, seulement 4 des 20 principales industries étudiées par Statistique Canada rapportant une diminution de leur activité au mois d’octobre. La construction, entre autres résidentielle (+1,9 %), tout comme le secteur de la finance et des assurances (+0,8 %) et celui des services professionnels (+1 %) se sont notamment bien comportés.

La fabrication a eu un mois plus difficile (-0,8 %), ayant suffisamment regarni ses inventaires. Mais cela a été plus difficile encore pour le secteur de l’hébergement et de la restauration (-3,9 %), et tout particulièrement celui de la restauration et des débits de boissons (-4,5 %) qui a connu un deuxième recul mensuel consécutif « à la suite de la baisse des températures [qui a] mis un terme à la saison des repas en plein air, et de la hausse du nombre de cas de COVID-19 et des mesures en matière de santé publique liées aux salles à manger intérieures ».

Inégaux dans la reprise

Si l’ensemble de l’économie canadienne accusait ainsi, en octobre, un recul de 3,5 % par rapport à la même période l’an dernier, le manque à gagner varie considérablement entre les secteurs qui se portaient mieux, comme la construction (-3,1 %), la fabrication (-4,7 %), l’administration publique (+0,9 %), la finance et l’assurance (+ 4,5 %) et même le commerce de détail (+4,3 %), et ceux qui vont toujours aussi mal, comme l’industrie pétrolière, minière et gazière (-14 %), l’hébergement et la restauration (-32 %) et les arts, spectacles et loisirs (-42 %).

Bien que « pas si mauvaise compte tenu des circonstances », la tendance risque de s’assombrir encore à compter du mois de décembre et au début de 2021 en raison des nombreuses mesures restrictives supplémentaires introduites par les gouvernements en réponse à la deuxième vague de la COVID-19, a prévenu dans une brève analyse Benoît P. Durocher, économiste principale au Mouvement Desjardins.

Son confrère de la Banque de Montréal, Douglas Porter, pense aussi que les prochains mois resteront difficiles, mais détecte dans les chiffres d’octobre et novembre une nouvelle tendance positive. « Clairement, les consommateurs et les entrepreneurs apprennent à s’adapter aux restrictions [des gouvernements], et l’activité économique dans les secteurs les moins touchés vient occuper le vide qui est laissé par les autres. »

 

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