Les actionnaires approuvent l’entente révisée avec Air Canada

Air Canada proposait 5$ pour chacune des actions de la société mère d’Air Transat dans le cadre de son offre évaluée à 190 millions de dollars.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Air Canada proposait 5$ pour chacune des actions de la société mère d’Air Transat dans le cadre de son offre évaluée à 190 millions de dollars.

Les actionnaires de Transat ont approuvé à 91 % mardi la nouvelle proposition d’Air Canada, dont l’offre de 190 millions, soit 5 $ par action, représente une forte réduction de prix par rapport aux 720 millions prévus avant que la pandémie ne cause l’effondrement de la demande dans le transport aérien. Les regards se tournent maintenant vers les autorités réglementaires à Ottawa et en Europe, qui doivent se prononcer à leur tour.

Peu avant le début de l’assemblée, la direction de Transat a annoncé avoir reçu une proposition non sollicitée en novembre dernier mais a ajouté que celle-ci, d’un « investisseur privé qui n’est pas activement impliqué dans les secteurs du transport aérien et du tourisme », n’était « pas une proposition supérieure » à celle d’Air Canada.

Le conseil d’administration a étudié l’offre non sollicitée et a « déterminé à l’unanimité » qu’elle « n’est pas dans le meilleur intérêt de Transat et de ses parties prenantes », a indiqué la compagnie.

Selon le voyagiste, l’union avec Air Canada créera un chef de file dans un secteur de plus en plus concurrentiel.

Invité à dire si l’offre de l’investisseur était de 6 $ ou plus, le président du comité spécial du conseil d’administration, Jean-Yves Leblanc, a dit en conférence de presse qu’un « certain nombre de critères » devaient être respectés pour qu’une proposition soit considérée comme supérieure. « Le prix de 6 $ était indiqué dans la circulaire et c’était la condition préalable pour qu’une offre soit jugée comme pouvant éventuellement devenir une offre supérieure. Cette condition était effectivement respectée. »

Parmi les autres critères, a expliqué M. Leblanc, la proposition « devait être susceptible d’être réalisée sans retards indus, devait faire la preuve d’un financement entièrement engagé, devait, au moment d’être qualifiée de proposition supérieure, n’être assujettie à aucune condition de vérification diligente, devait être jugée dans le meilleur intérêt de la société, des parties intéressées, plus favorable aux actionnaires, etc. ».

« Il n’y a pas lieu de révéler lesquels critères ont été ou non respectés », a ajouté M. Leblanc. L’investisseur a eu accès à « toutes les informations » dont a bénéficié Air Canada, a-t-il mentionné. Des discussions ont également eu lieu avec la personne.

Le président et chef de la direction de Transat, Jean-Marc Eustache, a dit que la proposition a été étudiée « de haut en bas, de long en large ». « Nous avons fait ça d’une façon ouverte, sérieuse et intéressée, a affirmé M. Eustache. Demain matin, quelqu’un vient me voir et me dit : “Jean-Marc, je vais te donner plus cher, garder plus d’employés, faire marcher la compagnie”… Bienvenue, welcome my friend. »

Le comité spécial et le conseil se sont réunis longuement lundi. « Le conseil a décidé que cette proposition n’était pas une proposition supérieure que nous pourrions accepter au nom de toutes les parties prenantes de l’organisation. »

Le bureau de l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau, qui a manifesté un intérêt pour le sort de Transat dans le passé, a indiqué aux médias de Québecor lundi qu’il suit la situation « de près » mais que, « juridiquement, il ne lui est pas possible de la commenter ».

Décision des autorités

Si l’une ou l’autre des autorités réglementaires ne donnait pas son approbation, la compagnie poursuivrait sa route seule, a dit M. Eustache.

« Certainement, nous aurons besoin d’argent, comme tout transporteur dans le monde ». À un autre moment, il a précisé qu’un jour, il faudrait quand même que Transat « se trouve un autre partenaire », car l’industrie s’est mondialisée.

Transat a déjà indiqué qu’elle aurait besoin de mobiliser 500 millions si la transaction avec Air Canada n’allait pas de l’avant. Dans l’immédiat, elle a mis en place une facilité de crédit de 250 millions, ce qui permettra, a dit M. Eustache, d’aller « au moins jusqu’au 31 mars, si ce n’est plus loin ».

Certainement, nous aurons besoin d’argent, comme tout transporteur dans le monde

 

« Nous avons passé à travers de nombreuses crises depuis l’existence de Transat, fondée il y a 42 ans. D’ailleurs, je vous rappellerai que nous n’avons jamais fait appel à nos gouvernements au cours de ces différentes crises. Nous nous en sommes sortis par nous-mêmes », a affirmé M. Eustache.

Cela dit, la pandémie est une situation sans précédent et Transat demande l’aide du gouvernement fédéral « comme le demandent d’ailleurs toutes les sociétés dans le loisir et l’aérien ».

La date butoir pour la décision attendue des autorités européennes est fixée au 9 février. Les autorités canadiennes n’ont pas fourni d’échéancier. Transat et Air Canada souhaitent que la transaction soit conclue au 15 février 2021.

Le titre de Transat a grimpé de 93 ¢, à 6,22 $, à la Bourse de Toronto.

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