Une vague de faillites guette les entreprises

Au Québec comme partout ailleurs, le secteur de la restauration a été l’un des plus durement touchés par les restrictions sanitaires.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Au Québec comme partout ailleurs, le secteur de la restauration a été l’un des plus durement touchés par les restrictions sanitaires.

Les faillites pourraient être nombreuses lorsque les programmes massifs de soutien public arriveront à leur terme, préviennent les économistes du groupe « G30 ». Les gouvernements auront alors la tâche difficile de choisir quelles entreprises sauver ou laisser sombrer, selon un rapport publié lundi.

Les experts du « G30 », parmi lesquels on trouve plusieurs anciens banquiers centraux et économistes internationaux, soulignent que, si le manque de liquidités a jusqu’à présent caractérisé la crise économique de la COVID-19, l’insolvabilité pourrait être la prochaine étape pour de nombreuses entreprises étant donné que la crise économique liée à la pandémie se poursuit.

Jusqu’à maintenant, grâce aux mesures de soutien des gouvernements, le nombre de faillites a été généralement moins élevé en 2020 qu’en 2019, mais le rattrapage devrait avoir lieu dans les prochains mois.

L’Institut Peterson pour l’économie internationale rapportait en novembre qu’au cours du premier semestre 2020, le nombre de dossiers de faillite d’entreprises aux États-Unis avait diminué de 10 % par rapport à l’année dernière. Même cas de figure dans les autres économies du G7, qui enregistraient, elles aussi, une diminution. En Allemagne, la baisse était de 12 % ; au Japon et au Royaume-Uni, de près de 30 % ; au Canada, d’environ 40 % ; et en France, de moitié.

S’il y a eu peu de sociétés en situation d’insolvabilité jusqu’à présent, c’est parce que « le flux d’argent masque la réalité sous-jacente », souligne l’ancien chef de la Banque centrale européenne Mario Draghi, qui a coordonné l’écriture du rapport du « G30 ».

Dans leur document, les experts proposent aux gouvernements des pistes pour mieux cibler les politiques de soutien et éviter d’apporter des ressources à des entreprises qui ne survivraient pas à la réalité post-COVID-19 — laissant ainsi entendre que les politiques actuelles ne font que retarder la fermeture de certaines entreprises qui auraient dû cesser leurs activités, pandémie ou non.

Les économistes du « G30 » préconisent ainsi « des mesures plus ciblées visant à maintenir la santé du système financier ainsi qu’à soutenir les entreprises qui seront probablement viables dans une économie post-pandémique ».

Le secteur de la restauration est particulièrement susceptible d’être victime d’un grand nombre de faillites. « Ce n’est pas nous qui avons choisi d’être fermés. Il y a plein de restaurants qui auraient pu tirer leur épingle du jeu, même avec une capacité d’accueil réduite » explique François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales pour l’Association restauration Québec (ARQ), qui soutient que les restaurants dépendent grandement de l’aide des gouvernements.

Au Québec comme partout ailleurs, le secteur de la restauration a été l’un des plus durement touchés par les restrictions sanitaires. Les mesures de soutien ont toutefois permis de limiter le nombre de fermetures d’établissements jusqu’à maintenant.

Il y a plein de restaurants qui auraient pu tirer leur épingle du jeu, même avec une capacité d’accueil réduite

 

En octobre, au Québec, le nombre de faillites en restauration pour les dix premiers mois de l’année était 9 % inférieur à l’année précédente, mais elles pourraient se multiplier dans les prochains mois, selon M. Meunier. « Il est encore tôt pour dresser un portrait global des faillites en restauration », explique-t-il, mais on se dirige « vers un nombre record » de fermetures.

Plusieurs restaurants et bars ont déjà annoncé qu’ils fermaient définitivement leurs portes. C’est le cas notamment de célèbres institutions, comme le bar de la rue Saint-Paul Le 2 Pierrots, situé dans le Vieux-Montréal, ou encore du populaire restaurant de tacos de Saint-Henri, le camion de rue Grumman 78. 

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