Air Canada devra rester au terminal 1

Paris — La compagnie Air Canada n'a pas réussi à faire renverser par les tribunaux français la décision d'Aéroports de Paris de la déloger du terminal 2A, à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaule. Mais elle demeure déterminée à y retourner dans les plus brefs délais.

Dénonçant un «procédé autoritaire et discriminatoire», le transporteur avait entrepris une action en justice contre ADP pour obtenir l'annulation de ce déménagement. Après avoir entendu les parties lundi, le tribunal administratif a estimé que la mesure prise par ADP était légale.

«Aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée», a déclaré le tribunal dans un jugement rendu public hier.

«Déçue» par cette décision, la compagnie aérienne réfléchit maintenant à la stratégie à adopter, tout en réaffirmant sa détermination à obtenir gain de cause.

«Tous nos efforts vont continuer de porter sur notre retour au terminal 2A, a déclaré Thierry Beaux, le directeur général d'Air Canada en France. Nous voulons limiter au maximum l'impact sur les voyageurs canadiens.»

Cité par une lettre électronique destinée aux professionnels du tourisme, le responsable d'Air Canada à Roissy, Patrick Cloarec, s'interrogeait de son côté: «Nous ne savons pas si nous allons poursuivre sur le terrain juridique ou si nous allons entamer des négociations à l'amiable.»

«Nous étudions toutes les pistes», a dit pour sa part M. Beaux, en reconnaissant que parmi celles-ci figuraient d'autres recours devant les tribunaux ou encore une intervention politique des autorités canadiennes.

Cette affaire fait suite à l'effondrement en mai dernier du terminal 2E, dans lequel ont péri quatre personnes. Principalement occupé par Air France, ce terminal flambant neuf a été fermé après la tragédie, ce qui a entraîné un véritable jeu de chaises musicales.

Installée jusque-là au terminal 2A, où elle avait réalisé des travaux d'aménagement évalués à deux millions de dollars, la compagnie canadienne a dû s'exiler au terminal 1 pour faire de la place au transporteur français. Présenté en juin comme l'affaire de quelques jours, ce déménagement se poursuivra jusqu'en septembre. Ce délai apparaît «inacceptable» aux yeux d'Air Canada, qui évoque un «préjudice commercial» important.