La liberté économique recule

La liberté économique canadienne ne cesse de perdre des plumes, affirme un nouveau rapport de l'Institut Fraser montrant du doigt une certaine détérioration du système juridique du pays ainsi que la mise en place d'une réglementation plus serrée qui s'effectuerait au détriment des entreprises.

Résultat: le Canada a glissé du sixième au septième rang du palmarès de la «liberté économique», que dominent aisément Hong Kong et Singapour, deux apôtres du libre marché qui s'abreuvent surtout du commerce extérieur.

Viennent ensuite la Nouvelle-Zélande, la Suisse, le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Australie, le Canada, l'Irlande et le Luxembourg. Au bas de la liste des 123 pays: le Venezuela, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Zimbabwe et le Myanmar.

Le classement 2004 de l'Institut Fraser, qui prône entre autres le retrait canadien du protocole de Kyoto et une baisse des impôts des entreprises, s'articule autour de 38 critères parmi lesquels figurent le choix personnel, l'échange volontaire, la libre concurrence et la protection de la personne et de la propriété. Les données utilisées datent de 2002.

«Le Canada se classe bien dans la plupart des catégories, mais l'évolution défavorable des tendances dans les domaines juridique et de la réglementation des entreprises pourrait causer de réelles difficultés économiques dans l'avenir», a écrit le directeur des études commerciales à l'Institut Fraser, Fred McMahon.

Le rapport, signé par deux professeurs de la Florida State University et de la Capital University, en Ohio, établit un lien direct entre le degré de libéralisation des marchés et la prospérité d'un pays donné. Ainsi, affirme l'étude, les pays «économiquement libres» ont connu une croissance économique annuelle d'en moyenne 3,4 % entre 1980 et 2000, comparativement à 1,7 % pour les pays au milieu du classement et 0,4 % pour les pays «non libres».

Parmi les autres grandes économies se trouvant sur cette liste figurent l'Allemagne (22), le Japon et l'Italie (36), la France (44), le Mexique (58), le Brésil (74), la Chine (90) et la Russie (114).

Classement de l'ONU

Ironie du sort, la publication de la liste de l'Institut Fraser s'est faite presque en même temps hier que celle d'un autre palmarès, plus connu celui-là: l'indice de qualité de vie mesuré par les Nations unies. Dominé une fois de plus par la Norvège et la Suède, il voit notamment le Canada bondir du 8e au 4e rang, tout juste derrière l'Australie.

Fait à noter, les dix pays les plus «économiquement libres» selon l'Institut Fraser se sont tous classés dans le top 25 de la qualité de vie, qui s'appuie sur des facteurs comme l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le revenu de la population. En ce qui concerne plus particulièrement Hong Kong et Singapour, ces pays se classent respectivement aux 23e et 25e rangs.

Une autre étude publiée au début de mai par l'Institut international pour le développement du management (IMD), basé en Suisse, classait les pays selon leur capacités compétitives.

Au sommet se classaient alors les États-Unis, suivis de Singapour et du Canada. La France et l'Italie faisaient là aussi assez mauvaise figure tandis que le directeur du rapport entrevoyait déjà une «nouvelle race» de compétiteurs en provenance de l'Asie, de la Russie et de l'Europe centrale, qui produisent évidemment à très bas coûts.