Nouvel investisseur pour l’entreprise Louis Garneau

Louis Garneau ne compte qu’environ 70 employés au Québec après avoir procédé à des licenciements en mars et en septembre dernier, lorsqu’on avait annoncé la fermeture de l’usine de production à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Louis Garneau ne compte qu’environ 70 employés au Québec après avoir procédé à des licenciements en mars et en septembre dernier, lorsqu’on avait annoncé la fermeture de l’usine de production à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Environ huit mois après s’être protégé de ses créanciers, l’ancien cycliste, devenu entrepreneur, Louis Garneau a franchi le fil d’arrivée de l’épreuve la « plus difficile » de sa carrière, ce qui lui a permis de sauver l’entreprise qu’il a fondée en 1983 — mais il ne sera désormais plus le seul maître à bord.

Le plan de relance du fabricant d’équipement sportif s’effectuera par l’entremise d’un montage financier de 25 millions de dollars et l’arrivée d’un nouveau partenaire : la firme d’investissement montréalaise Corporation financière Champlain.

S’il demeure l’actionnaire majoritaire, M. Garneau, âgé de 67 ans, présidera maintenant le conseil d’administration et se concentrera sur le développement de nouveaux produits. La gestion des activités est confiée à Jean-Marc Jahoo, nommé chef de la direction, et les finances relèveront de Nathaly Labbé.

L’objectif est de générer un chiffre d’affaires annuel entre 200 et 300 millions de dollars d’ici quelques années. « D’être tout seul, comme je l’ai fait pendant 37 ans, c’est très difficile, a lancé l’ancien olympien, au cours d’une entrevue téléphonique. J’avais l’impression de tenir cela à bout de bras tout le temps. Je vais pouvoir respirer un peu et me concentrer où je suis le plus fort, le développement de produits, et retourner à l’innovation, ce que l’entreprise avait peut-être négligé dans les dernières années. »

En début de journée, mardi, M. Garneau avait fait le point sur son entreprise dans le cadre d’une conférence de presse à Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec, où se trouve le siège social, aux côtés du président de Champlain, Pierre Simard.

Investissement Québec (IQ), le bras financier de l’État québécois, a consenti un prêt de 5 millions de dollars remboursable en cinq ans, alors que la Banque Nationale offre une marge de crédit de 10 millions. Le reste est injecté par les propriétaires actuels et Champlain, qui détient des investissements dans des marques comme Kanuk, La Canadienne et G2MC (Galerie du Meuble, Maison Corbeil et Jardin de Ville).

Relance

Louis Garneau ne compte qu’environ 70 employés au Québec après avoir procédé à des licenciements en mars et en septembre dernier, lorsqu’on avait annoncé la fermeture de l’usine de production à Saint-Augustin-de-Desmaures. La production manufacturière se fera désormais au Mexique, où il y a environ 125 travailleurs. La compagnie propriétaire des marques Garneau, Sugoi et Sombrio exploite également des sites aux États-Unis et en France en plus d’avoir un bureau d’approvisionnement en Chine.

La restructuration devrait se traduire par un déclin des recettes annuelles à environ 40 millions de dollars. Néanmoins, l’homme d’affaires a dit croire qu’il était possible d’atteindre les cibles du plan de relance dans un contexte où la pandémie de COVID-19 a provoqué un regain d’intérêt pour plusieurs activités extérieures.

« La crise sanitaire a relancé le vélo, le ski de fond et la raquette, a dit M. Garneau. Par hasard, ce sont les spécialités que nous détenons. La COVID-19 a rendu le vélo très populaire ; il y a un boom historique. »

De plus, la montée en popularité des bicyclettes électriques devrait inciter un nombre grandissant de nouveaux utilisateurs à acheter des vêtements spécialisés ainsi que de l’équipement, comme des casques — des produits qui figurent dans le portefeuille de l’entreprise, a souligné son fondateur.

La crise sanitaire a relancé le vélo, le ski de fond et la raquette. Par hasard, ce sont les spécialités que nous détenons. 

 

Après avoir fait appel à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité dans le but de se restructurer en mars dernier, Louis Garneau avait vu la Cour supérieure donner son aval, le 17 septembre dernier, à l’entente intervenue avec ses créanciers.

Selon les documents préparés par la firme Raymond Chabot, mandatée pour agir comme syndic dans le dossier, le total des passifs de Louis Garneau s’élevait à près de 28,1 millions de dollars. IQ se trouvait sur la liste des créanciers garantis, avec un montant d’environ 6,4 millions.

À voir en vidéo