La livraison locale pour sauver le commerce local

<p>Une très bonne solution pour remplacer les grands acteurs étrangers de la livraison, selon la CCMM, serait d’élargir le rôle du Panier bleu, ce catalogue virtuel de commerçants locaux soutenu par le gouvernement du Québec.</p>
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Une très bonne solution pour remplacer les grands acteurs étrangers de la livraison, selon la CCMM, serait d’élargir le rôle du Panier bleu, ce catalogue virtuel de commerçants locaux soutenu par le gouvernement du Québec.

Des commerces de détail du Québec demandent que des services locaux de livraison soient subventionnés, afin que les consommateurs se détournent des grands acteurs étrangers comme Amazon et Uber Eats.

Cela fait partie des solutions mises en avant par le plan d’action élaboré par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), le Conseil québécois du commerce de détail et la Grappe mmode, rendu public vendredi. Il se penche sur les façons de maintenir les commerces en vie, alors que les ventes ont baissé de 34 % depuis le début de l’année dans les restaurants et les boutiques de vêtements et de chaussures.

La vente en ligne, qui a doublé cette année, est une bouée de sauvetage. Mais elle est loin d’avoir atteint son plein potentiel, selon Michel Leblanc, président de la CCMM. Certains petits commerces ont de la difficulté à gérer de façon efficace les ventes sur Internet et la livraison.

« Il faut offrir aux consommateurs un large éventail de produits locaux dans un cadre rassurant. Il faut que les gens voient que c’est efficace et qu’il y a des politiques de remboursement ou de remplacement si leur colis se fait voler », juge-t-il.

Le Panier bleu

Une très bonne solution, selon la CCMM, serait d’élargir le rôle du Panier bleu, ce catalogue virtuel de commerçants locaux soutenu par le gouvernement du Québec.

« On pourrait dire au Panier bleu de développer sa propre coopérative de livraison, affirme M. Leblanc. Il faut briser une dynamique où les gens, par réflexe, vont sur des sites comme Amazon. Est-ce que ce réflexe pourrait devenir d’aller sur Panier bleu, en rassurant les gens que ça va être simple d’acheter et simple de se faire livrer ? »

Le président de la CCMM suggère également que les gouvernements provincial et fédéral mettent en place des programmes d’aide pour couvrir les frais imposés aux restaurants par les entreprises de livraison et pour subventionner les entreprises de livraison locale. M. Leblanc s’attend à ce que les gouvernements fassent, dans les prochains jours, des annonces qui vont dans le sens des recommandations du plan.

Par ailleurs, l’attaché de presse du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, indique que « le Panier bleu a lancé en juin dernier huit chantiers de réflexion sur le commerce de détail au Québec. Les recommandations issues de ces chantiers serviront de base pour l’accélération du virage numérique du secteur du commerce de détail au Québec ».

S’unir dans l’adversité

Divers acteurs de l’industrie discuteront de ce plan et le bonifieront aujourd’hui dans le cadre du Forum stratégique sur le commerce de détail, du mouvement Relançons MTL.

« Il faut trouver des solutions communes, partager de bonnes pratiques, privilégier des projets collaboratifs pour être compétitifs localement et internationalement », estime Debbie Zakaib, directrice générale de la Grappe mmode, un réseau d’acteurs de l’industrie de la mode québécoise.

Le plan souligne aussi l’importance de revitaliser le centre-ville commercial et de soutenir davantage les commerces qui ont de la difficulté à payer leur loyer. « Il faut revoir l’écosystème immobilier pour qu’il y ait un meilleur équilibre entre détaillants et propriétaires », commente Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

 

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