Ottawa veut sauver le tourisme et l’industrie aérienne

Ottawa garantit des prêts financiers aux hôtels, aux restaurants, et aux autres entreprises culturelles et touristiques.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Ottawa garantit des prêts financiers aux hôtels, aux restaurants, et aux autres entreprises culturelles et touristiques.

Pour assurer la survie des entreprises ébranlées par la désertion des touristes durant la pandémie, Ottawa garantit des prêts financiers aux hôtels, aux restaurants, et aux autres entreprises culturelles et touristiques, en plus de réserver de l’argent pour que leurs clients puissent — un jour — revenir par avion.

Le tourisme risque d’être encore fortement bouleversé au moins jusqu’en juin 2021, estime le gouvernement fédéral dans sa récente mise à jour économique publiée lundi. Un prêt est ainsi offert aux entrepreneurs en tourisme pour qui la subvention salariale d’urgence — qui passe à 75 % et est prolongée jusqu’au 13 mars 2021 — n’est pas suffisante pour maintenir les quelque 750 000 emplois de ce secteur essentiel aux régions.

« Nous savons que les entreprises des secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, des voyages, des arts et de la culture ont été particulièrement touchées par la pandémie. Nous créons donc des mesures de soutien pour les entreprises qui en ont le plus besoin », a annoncé la ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, lors de son discours en Chambre.

Dans ce tout nouveau « crédit pour les secteurs durement touchés », le gouvernement garantit des prêts bancaires allant jusqu’à 1 million de dollars contractés auprès des banques, à un faible taux d’intérêt, et remboursable au maximum sur 10 ans. Les fins détails du plan restent toutefois à préciser. À cela s’ajoute le fonds de relance régional, bonifié en octobre, dont 281 millions sont alloués au Québec. Le quart de cette somme est spécialement destiné aux entreprises touristiques locales.

Encore faut-il que les touristes se rendent à destination, au moment où le transport aérien est aux prises avec d’importantes baisses de clientèle. Plus de 1,4 milliard de dollars sur les six prochaines années leur sera consacré.

Le fédéral a annoncé une panoplie de mesures visant à faire éviter la faillite aux petits transporteurs aériens régionaux (206 millions sur deux ans) et aux petits aéroports régionaux (186 millions sur deux ans). On prévoit un allégement de loyer pour tous les aéroports qui paient un loyer au fédéral (229 millions sur 4 ans), plus un soutien financier de 65 millions. Un demi-milliard de dollars est aussi investi pour améliorer les infrastructures de santé, de sécurité et de transport en commun des aéroports. Cela inclut le financement du nouveau terminal du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, précise-t-on.

Même si le fédéral reconnaît que la pandémie menace la viabilité des transporteurs aériens, rien n’est encore prévu pour les grands joueurs tels qu’Air Canada. Des discussions sont en cours entre les transporteurs et Ottawa pour le versement d’une éventuelle aide financière, dont le montant n’a pas encore été estimé, mais qui devrait s’ajouter au montant du déficit.

En culture

Les entreprises culturelles sont aussi considérées comme faisant partie d’un « secteur durement touché ». Elles ont été parmi les premières à fermer leurs portes et seront probablement parmi les dernières à reprendre leurs activités normales. Les artistes qui préparent des spectacles, soit (sécuritairement) en personne ou de manière numérique à distance, auront accès à une nouvelle enveloppe de 181,5 millions gérée par le ministère du Patrimoine canadien et le Conseil des arts du Canada.

De plus, le fédéral reconduit pour une autre année différents programmes annoncés en 2019, comme le Développement des communautés par l’entremise des arts et du patrimoine, le Fonds du Canada pour la présentation des arts et le Fonds de la musique du Canada.

Les stations de télévision et de radio locales, « dont les Canadiens dépendent pour écouter les nouvelles et se divertir », pourront quant à elles économiser jusqu’à 50 millions en droits de licence l’an prochain. La même somme est destinée aux artisans du cinéma et de la télévision par l’entremise d’un Fonds d’indemnisation à court terme pour productions audiovisuelles.

Bien qu’aucun montant n’ait été alloué pour cette raison, le fédéral précise qu’il fournira une aide aux festivals « phares uniques et irremplaçables » s’ils en venaient à risquer d’être emportés par la pandémie de COVID-19.

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