Air Canada: les agents de bord de Jazz devraient ratifier l'entente

Toronto — Le président du syndicat des agents de bord de la filiale Jazz d'Air Canada prévoit que ceux-ci vont ratifier l'entente de principe qui doit permettre de réduire les coûts d'exploitation, par crainte que le transporteur régional ne fasse l'objet d'une liquidation.

Ces agents de bord, dont le syndicat est affilié aux Teamsters, avaient dans un premier temps rejeté l'entente. Le syndicat a toutefois décidé de prolonger jusqu'à aujourd'hui la période de consultation, afin de permettre à un plus grand nombre de membres de voter.

«Je crois que les membres sont soumis à une grande pression et à la menace de pertes d'emplois, de la part du tribunal et de la compagnie», a déclaré hier le président de la division du transport aérien des Teamsters, Michael Crawford. «Devant une telle pression, je pense qu'ils vont voter en faveur de l'entente», a-t-il ajouté.

L'entente négociée en mai entre Air Canada et les Teamsters prévoit des gains de productivité ainsi qu'une nouvelle échelle salariale pour les nouveaux employés. Ces mesures doivent permettre au transporteur de réaliser des économies annuelles de 3,1 millions de dollars.

Conséquences

Dans un message à l'intention de ses membres publié sur son site Internet, le syndicat dit avoir appris qu'en cas rejet de l'entente de principe, un séquestre par intérim sera désigné demain et le processus d'arrêt des activités de la filiale Jazz sera immédiatement enclenché.

«Nous avons été avisés par le tribunal que les conséquences d'un rejet de l'entente seraient graves. Il existe une possibilité de liquidation de l'entreprise», a dit M. Crawford.

Une porte-parole de Jazz, Debra Williams, a dit qu'en cas de rejet de l'entente le transporteur devra envisager des «mesures sérieuses». Les agents de bord de Jazz sont les seuls employés d'Air Canada à s'être opposés aux dernières concessions de 200 millions réclamées par les investisseurs qui doivent participer à la relance du transporteur.

Si le syndicat ne peut dénouer l'impasse, la direction d'Air Canada a déjà fait savoir qu'elle demandera à la Cour supérieure de l'Ontario, chargée de superviser le processus de restructuration du transporteur, d'exclure sa filiale Jazz du plan de restructuration.

Ce plan de restructuration sera soumis au vote des créanciers le 17 août prochain, lors d'une assemblée. Le transporteur doit obtenir l'accord de ses créanciers s'il veut quitter la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies d'ici au 30 septembre.