Mitec est secouée en Bourse

La société montréalaise Mitec Telecom, spécialisée dans les composants pour réseaux sans fil, prévoit finalement renouer avec la rentabilité cette année, mais l'action a culbuté de 13 % hier après la publication de prévisions plutôt tièdes au chapitre des ventes pour le trimestre en cours.

Les revenus se sont élevés à 23,5 millions de dollars pour les trois mois terminés fin avril, une amélioration de 23 % par rapport aux 19,5 millions de l'an dernier. Cela s'est évidemment reflété sur la ligne du bas, Mitec ayant réussi à ramener sa perte nette à 1,7 million, ou 3 ¢ l'action, comparativement à 3,8 millions, ou 9 ¢ l'action, l'an dernier à pareille période.

Mitec, qui tente par tous les moyens de mettre un terme aux pertes qu'elle subit depuis plusieurs années, a tenu à préciser que les résultats du quatrième trimestre comprennent une charge non récurrente de 950 000 $ attribuable notamment à la «décision d'atténuer nos risques éventuels par le règlement d'une réclamation de longue date en matière d'environnement aux États-Unis».

L'entreprise a également avancé quelques détails sur le trimestre en cours, qui représenterait une cadence moins rapide au chapitre des ventes et que les marchés n'ont pas apprécié. «Nous prévoyons un certain ralentissement au premier trimestre de l'exercice 2005, puisque deux de nos principaux clients ont reporté au deuxième trimestre l'exécution de contrats», a indiqué par voie de communiqué le président et chef de la direction, Rajiv Pancholy.

Parmi les principaux clients de Mitec figurent l'équipementier canadien Nortel Networks et le suédois Ericsson, qui représentaient au troisième trimestre 69 % du chiffre d'affaires de la compagnie, a indiqué au Devoir le directeur financier, Keith Findlay.

Une baisse généralisée des dépenses dans le secteur des télécoms avait forcé la compagnie à sabrer son effectif il y a quelques années, mais le nombre d'employés s'est stabilisé autour de 500 depuis un an.

Retour à la rentabilité

L'entreprise, également présente aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Chine, prévoit des revenus de plus de 100 millions pour l'exercice 2005, de même qu'un profit net de 10 ¢ par action.

Pour l'exercice 2004 qui vient de se terminer, les ventes ont atteint 84,3 millions, en hausse de 24 % par rapport à l'année précédente, mais l'entreprise a signé des pertes nettes de sept millions, ou 13 ¢ l'action.

«La croissance sera suscitée par les nouveaux produits, l'augmentation de notre part de marché dans nos secteurs courants et la pénétration de nouveaux marchés, notamment ceux de la défense et de la sécurité intérieure», a ajouté M. Pancholy.

Tout compte fait, a dit l'entreprise, les activités poursuivies (qui excluent les frais liés à des événements non récurrents) se rapprochent du seuil de rentabilité. Mitec n'a pas précisé le trimestre exact au cours duquel elle toucherait enfin ce seuil.

Cela n'a pas empêché l'action de l'entreprise de reculer hier sur le parquet de la Bourse de Toronto. L'action de Mitec, qui vaut quatre fois plus que l'an dernier mais recule de plus de 35 % depuis six mois, a finalement terminé la séance en baisse de 13 %, ou 34 ¢, à 2,20 $. Quelque 2,6 millions d'actions ont changé de mains, soit six fois plus que la moyenne quotidienne des trois derniers mois.

«Je ne sais même pas si les marchés auraient réagi différemment si nous avions dégagé un profit, a dit Keith Findlay au Devoir. Les marchés se sont vraiment concentrés sur le premier trimestre.»

M. Findlay a expliqué que certains clients de Mitec préfèrent actuellement écouler leurs stocks avant de se remettre à acheter. De plus, la récente offre d'achat de Telus pour Microcell et la fusion de Manitoba Telecom et Allstream font en sorte que les compagnies ont mis en veilleuse leurs dépenses d'investissement, du moins le temps que la poussière retombe.