La BN et Investissement Québec viennent en aide aux exportateurs

Les entreprises exportatrices du Québec, qui sont confrontées à la force du dollar canadien ainsi qu'à la concurrence de pays émergents tels que la Chine, auront accès à un nouveau programme de financement offert conjointement par la Banque Nationale et Investissement Québec.

Dans le cadre d'une entente de partenariat annoncée hier, les deux organisations disent vouloir offrir «une solution globale afin d'améliorer la compétitivité des entreprises québécoises à l'étranger».

Ainsi, la Banque Nationale offrira un prêt à terme destiné à financer jusqu'à 100 % des équipements, de la machinerie, de la technologie ou toute autre dépense reliée au projet d'une entreprise. Ces investissements devront être destinés à améliorer la productivité des entreprises et, conséquemment, leur compétitivité à l'étranger.

Investissement Québec assumera une partie du risque en garantissant ce prêt auprès de la Banque Nationale.

Les entreprises exportatrices pourront aussi se prévaloir d'une ligne de change garantissant les taux de change qui s'appliqueront à leurs transactions en dépit de leurs éventuelles fluctuations. Investissement Québec assumera une partie du risque de perte sur la ligne de change auprès de la banque.

Un besoin

«Plusieurs entreprises nous avaient fait part de leur besoin en ce sens», a expliqué au Devoir Tony Meti, premier vice-président, Services aux entreprises et International, à la Banque Nationale. Le financement de leurs prêts à 100 % constituera pour elles une amélioration importante, a-t-il poursuivi, compte tenu du fait que la norme dans l'industrie s'établit plutôt entre 50 % et 70 %.

«Le succès d'une entreprise sur les marchés étrangers est lié à sa compétitivité, qui est elle-même fonction de sa productivité», a déclaré le président-directeur général d'Investissement Québec, Jean Houde. Engagé dans ce projet à l'invitation de la Banque Nationale, le bras financier du gouvernement québécois s'est dit prêt à s'associer à toute autre institution financière pour augmenter la portée du programme.

Selon Investissement Québec, le nouveau programme devrait prendre lentement son envol avec l'ouverture d'environ 25 dossiers d'ici la fin de l'année financière le 31 mars. Beaucoup plus ambitieux, Tony Meti, de la Banque Nationale, estime qu'il pourrait, à terme, rejoindre le quart des quelque 200 000 entreprises du Québec.

Selon le p.-d.g. des Manufacturiers et des exportateurs du Québec (MEQ), Paul-Arthur Huot, ce programme est une «excellente nouvelle» pour les entreprises exportatrices qui, «à l'heure actuelle, [...] subissent des pressions accrues en raison notamment de la force du dollar canadien et de la Chine et de l'Inde».

Selon les MEQ, ces pressions se sont traduites récemment par la perte de dizaines de milliers d'emplois dans le secteur manufacturier.

«Pour faire face à cette situation, les entreprises doivent mettre en place des mesures d'amélioration de la productivité, investir dans de nouveaux équipements plus performants et se protéger contre les fluctuations du taux de change», a dit M. Huot.