Les jeunes travailleurs plus durement frappés, y compris par la 2e vague

Les jeunes travailleurs sont sureprésentés dans des secteurs économiques particulièrement éprouvés, comme celui de l’hébergement et de la restauration.
Photo: Juan Monino Getty Images Les jeunes travailleurs sont sureprésentés dans des secteurs économiques particulièrement éprouvés, comme celui de l’hébergement et de la restauration.

Les jeunes travailleurs restent les principales victimes de la pandémie de COVID-19, particulièrement dans sa deuxième vague.

Le Québec accusait toujours 107 000 emplois de moins en octobre qu’à pareille date l’an dernier. De ce nombre, 57 400 emplois, ou 54 %, étaient occupés par des travailleurs de 15 à 24 ans, alors que ces derniers ne comptent que pour 13 % de l’ensemble des travailleurs, rapporte une étude de l’Institut du Québec (IdQ) qui doit être dévoilée jeudi.

Ces chiffres reflètent l’impact disproportionné que la première vague de la pandémie a eu sur les jeunes travailleurs au Québec, qui a fait plonger leur nombre d’emplois à moins de 64 % des niveaux qu’ils affichaient l’an dernier, alors que les 25-54 ans ne sont tombés à 86 %. Ils avaient ensuite entrepris une longue remontée qui les avait ramenés, en septembre, à 94,5 % contre 98 % pour leurs aînés. Mais la deuxième vague est survenue, et ils sont retombés à 90 % en octobre, alors que les autres se maintenaient essentiellement au même niveau.

Les pertes d’emplois infligées par la crise sont plus lourdes chez les jeunes travailleurs qui ne sont plus aux études (taux de chômage de 15,7 %) que chez ceux qui y sont toujours (12,3 %). Elles se révèlent particulièrement déséquilibrées au chapitre du travail à temps plein, où les 15-24 ans étaient associés aux deux tiers des emplois toujours manquants en octobre bien qu’ils n’y comptaient, avant la crise, que pour 7 % de la main-d’œuvre totale.

Secteurs éprouvés

Deux grands phénomènes peuvent expliquer cette inégalité devant la crise de la COVID, a expliqué en entretien téléphonique au Devoir mercredi la p.-d.g. de l’IdQ, Mia Homsy.

Cela tient notamment à la surreprésentation des jeunes travailleurs dans des secteurs économiques particulièrement éprouvés, comme celui de l’hébergement et de la restauration, où ils comptaient pour presque 20 % de l’ensemble de la main-d’œuvre avant la crise et où l’on retrouve plus de 40 % de l’ensemble de leurs pertes d’emplois des derniers mois.

Les jeunes travailleurs sont aussi très présents dans le secteur du commerce de détail (30 % de la main-d’œuvre), mais y avaient, en octobre, regagné tout le terrain perdu.

Derniers entrés dans les entreprises, les jeunes ont aussi tendance à être les premiers sortis et les derniers réengagés lorsque les temps se font difficiles, explique Mia Homsy. La crise actuelle ne fait pas exception.

Ces phénomènes présentent un danger, mais peut-être une chance aussi, avance l’IdQ. Le danger est que tous ces jeunes travailleurs prennent, durant la crise, un retard financier ainsi que dans leur progression professionnelle, retard qu’ils auront ensuite du mal à rattraper, même lorsque les beaux jours seront revenus. La chance est qu’ils profiteront peut-être de ce congé forcé pour poursuivre leurs études et en ressortir mieux outillés pour la suite de leurs parcours.

La crise pourrait offrir également une occasion de se rediriger vers des secteurs où la demande de main-d’œuvre est forte et qui sont déjà prêts à redécoller.

Le nombre de jeunes travailleurs a ainsi, par exemple, augmenté de 25 % en un an dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques et de presque 60 % dans celui de l’enseignement.

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