La filière éolienne prête à d’éventuels appels d’offres

Le Québec compte 1900 éoliennes pour une puissance installée de 3900 MW.
Photo: Michael Probst The Associated Press Le Québec compte 1900 éoliennes pour une puissance installée de 3900 MW.

Après s’être tournée vers les marchés d’exportation afin de poursuivre son développement, la filière éolienne québécoise voit d’un œil extrêmement favorable l’intention d’Hydro-Québec de lancer de nouveaux appels d’offres afin de subvenir à ses éventuels besoins d’approvisionnement en électricité.

Au cours des années, les surplus de la société d’État en matière d’énergie ne militaient pas en faveur d’un cinquième appel d’offres. Or, Hydro-Québec a indiqué aux quotidiens de Québecor qu’elle a l’intention de relancer des appels d’offres afin de répondre à la demande lorsque ses surplus auront disparu en 2027. De plus, la société d’État a confirmé que des discussions ont lieu pour un redémarrage du projet Apuiat.

« Évidemment, c’est très positif », a dit Jean-François Nolet, vice-président aux politiques publiques, affaires publiques et gouvernementales à l’Association canadienne de l’énergie renouvelable. « Lorsqu’il y aura des besoins additionnels, ce qui semble être le cas, ils regarderont toutes les filières renouvelables disponibles à ce moment-là, éolienne et autres. On regardera ce qui est le plus économique et le plus avantageux pour les Québécois », a ajouté M. Nolet. « Or, l’énergie éolienne est la forme de production d’électricité la moins chère au Québec, au Canada et dans le monde. »

Le Québec compte une expertise reconnue et un bassin industriel de fournisseurs, a ajouté M. Nolet. Le secteur compte par exemple des manufacturiers de pièces, mais aussi des promoteurs et sociétés spécialisées dans l’exploitation de parcs éoliens.

Portrait du secteur

L’industrie a été lancée au cours des années 2000 avec des exigences de contenu local élaborées dans une perspective de développement économique régional. Quatre appels d’offres ont été lancés au fil du temps. Aujourd’hui, le Québec compte 1900 éoliennes réparties dans 47 parcs pour une puissance installée de 3900 MW.

La filière québécoise a déjà recensé 5000 travailleurs, dont 4000 en région et 1000 à Montréal. Ce nombre n’a pas été mis à jour récemment, mais il a forcément diminué, car le groupe allemand Enercon, qui fabriquait des tours à Matane, a cessé l’exploitation de l’usine. On y comptait autrefois 150 employés au plus fort de sa production. On compte par ailleurs Marmen (tours d’acier, Matane), Delta (tours d’acier, New Richmond) et LM Wind Power (pales, Gaspé).

« Les différents promoteurs québécois, on a tous exporté notre expertise ailleurs, au Canada, aux États-Unis et en Europe, pour certains », a dit Jean Roy, vice-président principal et chef de l’exploitation de Kruger Énergie. « On a continué à faire des projets, que ce soit du solaire ou de l’éolien, pour continuer à nous développer et à maintenir nos équipes en place. » En Alberta, a-t-il dit, un récent appel d’offres s’est soldé par un coût d’environ 4 ¢/ KWh, ce qui est « hypercompétitif ». Un prix de 4 à 5 ¢/KWh au Québec serait « réaliste », selon lui, selon les conditions rattachées à l’appel d’offres.

Par ailleurs, Hydro-Québec a sondé l’avis du milieu des producteurs d’électricité cet été pour revenir sur le passé et entrevoir l’avenir. La consultation « visait à adapter les façons de faire d’Hydro-Québec Distribution de manière à ce que celle-ci réponde le mieux possible aux éventuels besoins en énergie tout en tenant compte des connaissances et de l’avis du secteur », a indiqué son chef des médias et affaires gouvernementales, Marc-Antoine Pouliot. Il a notamment été question de l’évolution technologique, des appels d’offres passés et de « l’intérêt du secteur pour un nouveau processus d’approvisionnement ».

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