Le secteur financier se penche sur la transition vers une économie verte

Les changements climatiques vont en s’intensifiant, et il est grand temps d’«augmenter la cadence de nos travaux pour comprendre les répercussions sur l’économie et le système financier», a indiqué lundi le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Les changements climatiques vont en s’intensifiant, et il est grand temps d’«augmenter la cadence de nos travaux pour comprendre les répercussions sur l’économie et le système financier», a indiqué lundi le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem.

Un groupe de banques et d’assureurs travaillera avec la Banque du Canada et le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) pour mieux cerner les risques « possibles » qu’entraînera la transition vers une économie faible en carbone sur l’industrie financière.

La banque centrale et le BSIF, l’organisme chargé d’encadrer les banques à charte fédérale et les sociétés d’assurance, vont établir certains scénarios pour ensuite les soumettre au groupe d’institutions afin que celles-ci évaluent l’impact potentiel sur leur propre bilan. Le groupe en question est composé de la Banque Royale et de la Banque TD, de même que des assureurs Sun Life, Co-operators, Intact et Manuvie.

Les changements climatiques vont en s’intensifiant, et il est grand temps d’« augmenter la cadence de nos travaux pour comprendre les répercussions sur l’économie et le système financier », a indiqué lundi le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem. Le rapport final sera publié dans un an.

La Banque a précisé qu’il ne s’agit pas de mesurer l’exposition individuelle des institutions « ni la résilience face aux risques de transition » du secteur financier dans son ensemble. « De plus, le choix des participants ne constitue pas une validation de leurs approches en place en matière de gestion ou de communication des risques liés aux changements climatiques. »

Risque important

Le risque de transition, qui n’est pas celui lié aux changements climatiques comme tels, a déjà été décrit par le BSIF comme étant « le plus important » du secteur. « Les risques de transition découleront principalement des politiques que les administrations publiques ont déjà adoptées ou qu’elles adopteront pour réduire les émissions », a résumé le surintendant Jeremy Rudin lors d’une allocution en février 2020.

« On peut imaginer également que les changements d’attitude de l’investisseur ou du consommateur donneront lieu à des risques de transition. »

La Banque Nationale, qui ne fait pas partie du groupe, participe à d’autres initiatives d’industrie sur le climat, a indiqué son vice-président aux communications et responsabilité sociale d’entreprise, Claude Breton. « Il y a tant à accomplir dans ce dossier que le partage du travail et des apprentissages s’impose lorsque la réglementation le permet, donc nous sommes bien [à l’aise] avec l’approche. »

Les dernières années ont donné lieu à divers efforts, ici comme ailleurs, visant à recenser les domaines à risque devant les changements climatiques en général. S’il est bien connu que les banques subissent la pression d’investisseurs pour prendre leurs distances des hydrocarbures, par exemple, le secteur de l’assurance s’inquiète pour sa part du coût des catastrophes naturelles.

En fait-on assez pour comprendre le risque des changements climatiques et de la transition sur l’industrie financière comme telle ? « En ce moment, non. On n’est pas suffisamment informés », a dit en entrevue Joanna Eyquem, directrice des programmes d’adaptation aux changements climatiques au Québec pour le Centre Intact d’adaptation au climat. Ce dernier est rattaché à l’Université de Waterloo, en Ontario.

Le Centre, a-t-elle dit, vient de réaliser une enquête selon laquelle les conseils d’administration n’ont pas toujours la formation nécessaire pour comprendre les risques à ce chapitre. Ce rapport est prévu au mois de décembre.

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