Des mesures saluées, mais certains secteurs restent sur leur faim

Des sommes sont prévues pour des secteurs touchés et «présentant des occasions de développement importantes», comme le secteur de l'aérospatiale. 
Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse Des sommes sont prévues pour des secteurs touchés et «présentant des occasions de développement importantes», comme le secteur de l'aérospatiale. 

La mise à jour économique du ministre des Finances a suscité jeudi des réactions favorables pour des éléments comme la requalification de travailleurs et l’aide aux sociétés, mais certaines organisations ont fait valoir qu’en amont de la relance se trouvent également des secteurs économiques dont les entreprises éprouvent quand même un besoin urgent de liquidités. Du côté syndical, les centrales auraient préféré un plan plus robuste.

Le ministre Eric Girard a présenté un soutien supplémentaire de 1,5 milliard à la relance, ce qui comprend 459 millions pour la requalification et la formation, 477 millions en mesures de stimulation et 300 millions de plus pour le Plan pour une économie verte, qui sera présenté sous peu. Des sommes sont prévues pour des secteurs touchés et « présentant des occasions de développement importantes, soit les secteurs de l’aérospatiale, de l’aluminium et des sciences de la vie », mais le détail des initiatives viendra prochainement.

 

« Il y a des bonnes orientations pour l’après-COVID, mais on a une déception par rapport aux PME qui en arrachent actuellement et qui sont encore au cœur de la tempête », a dit François Vincent, vice-président pour le Québec à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. La requalification de la main-d’œuvre est un pas dans la bonne direction, selon lui, car le tiers des PME, même en ralentissement économique, ont de la difficulté à recruter. Ceci dit, « il faudra faire attention à ne pas vider les travailleurs des secteurs qui sont arrêtés, ce qui pourrait miner leur reprise par la suite. Mais j’ai confiance qu’il s’agit d’une mesure qui aidera les entreprises ». Pour les entreprises qui n’arrivent pas à retrouver le niveau des ventes prépandémie et qui continuent de s’endetter pour maintenir la tête hors de l’eau, « elles restent sur leur faim aujourd’hui ».

Selon la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, la mise à jour est « rassurante » et montre que Québec a les moyens d’investir pour « renforcer encore davantage les systèmes de santé et d’éducation en réaction aux défis que pose la prolongation de la crise sanitaire, tout en amorçant un effort budgétaire essentiel pour préparer la relance et soutenir les travailleurs et les entreprises ». Le Conseil du patronat y voit un soutien au positionnement des entreprises à long terme.

Par ailleurs, Québec compte toujours faire les versements au Fonds des générations, qui vise à réduire le poids de la dette par rapport à la taille de l’économie. « En maintenant ses versements à hauteur de 2,7 milliards cette année et en conservant un horizon de cinq ans pour le retour à l’équilibre budgétaire, le gouvernement pave la voie à des mesures d’austérité budgétaire », a réagi la CSN.

Restauration

« On dit que certains secteurs ont été touchés plus que les autres, comme le tourisme et la restauration. On donne 60 millions de plus à Tourisme Québec pour l’hébergement, on aurait pu au moins faire un petit quelque chose ou dire qu’on allait le faire, parce que nous, on est encore fermés, et on va l’être encore sûrement longtemps », a réagi de son côté François Meunier, vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association Restauration Québec (ARQ).

Selon un sondage publié jeudi par l’ARQ, 44 % des répondants sont insatisfaits des mesures d’aide aux sociétés dans les régions affichant le niveau d’alerte maximale. Au premier rang des sujets qui fâchent figurent les montants offerts, suivis des critères d’admissibilité. L’ARQ affirme que 56 % ne pensent pas pouvoir survivre au-delà de six mois si les choses demeurent telles quelles.

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