Les Bourses mondiales euphoriques

L’action Pfizer a grimpé de 7,69%.
Photo: Courtney Crow/New York Stock Exchange via AP L’action Pfizer a grimpé de 7,69%.

Les Bourses mondiales ont exulté lundi, terminant en très forte hausse après l’annonce d’un vaccin « efficace à 90 % » contre la COVID-19, qui fait espérer à terme un retour à une activité normale pour nombre d’entreprises en souffrance.

Les marchés ont décollé après une annonce des laboratoires américain Pfizer et allemand BioNTech, qui ont affirmé que leur candidat-vaccin était « efficace à 90 % » contre la COVID-19, selon l’essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d’homologation.

À Wall Street, le Dow Jones a connu sa plus forte hausse depuis juin, en gagnant 2,95 %, et l’indice S&P 500 a pris 1,17 %. L’action Pfizer a grimpé de 7,69 %. Les marchés européens se sont eux envolés, Paris prenant 7,57 %, Francfort 4,94 %, Londres 4,67 %, Milan 5,43 % et Madrid 8,57 %.

Paris, Londres et Milan ont affiché leur meilleure performance en une séance depuis mars, et Francfort depuis mai. Cette dernière a même brièvement effacé l’ensemble de ses pertes annuelles, une première depuis le début de la crise sanitaire parmi les grandes places boursières européennes.

Attendu depuis longtemps

Sur le marché du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier a bondi de 7,48 % par rapport à la clôture de vendredi, à 42,40 . À New York, le baril américain de WTI pour décembre a gagné 8,48 %, à 40,29 $. « Cette nouvelle est énorme, on l’attend depuis très longtemps ! » s’est exclamé Daniel Larrouturou, gérant actions chez Dôm Finance, interrogé par l’AFP à Paris juste après l’annonce des deux laboratoires. « C’est l’information de l’année, peut-être même de la décennie », s’est réjoui à Francfort Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Sur le marché de la dette, l’appétit pour le risque a fait s’écraser les taux souverains des pays considérés comme les plus risqués, à l’instar de la Grèce et de l’Italie, dont les taux à 10 ans ont atteint de nouveaux plus bas historiques, respectivement à 0,728 % et à 0,617 %.

« La différence sur le marché est frappante : les plus gros gagnants sont parmi les actions les plus touchées par la pandémie — tandis que les gagnants de la COVID se portent mal », relève Neil Wilson, analyste de Markets.com.

Très bénéficiaire de la première vague, l’indice Nasdaq à New York, à forte coloration technologique, a ainsi reculé de 1,53 %.

L’annonce de Pfizer et de BioNTech a surtout profité aux secteurs les plus touchés par les mesures de restrictions aux activités, dont le voyage, l’aéronautique et les banques.

Ainsi, la nouvelle a fait bondir Airbus (18,5 %), IAG (25,5 %), Lufthansa (19,8 %), Rolls-Royce (43 %), Easyjet (35,5 %) ou encore Carnival (39 %). Les valeurs financières n’ont pas perdu une miette, à l’instar de Société Générale (18,4 %), BNP Paribas (18 %) et UniCredit (13,7 %). Les pétrolières, comme Eni (12,8 %) ou Total (15 %), ont aussi fini très fort.

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