Le chômage baisse aux États-Unis, mais l’ombre de la COVID-19 plane

Le marché du travail continue de se rétablir aux États-Unis, même si la reprise économique est poussive.
Photo: LM Otero Archives Associated Press Le marché du travail continue de se rétablir aux États-Unis, même si la reprise économique est poussive.

Le taux de chômage a reculé bien plus que prévu en octobre aux États-Unis, une surprise qui suggère que le marché du travail continue de se rétablir même si la reprise économique est poussive. La résurgence du virus et de nouvelles restrictions risquent toutefois d’enrayer cette petite embellie.

Le taux de chômage est tombé à 6,9 % en octobre, contre 7,9 % en septembre. L’économie américaine a dans le même temps créé 638 000 emplois, un peu moins qu’en septembre, mais un peu plus qu’attendu, notamment dans le secteur des loisirs et de l’hôtellerie, qui souffre tout particulièrement de la crise économique provoquée par la pandémie.

« Ces améliorations sur le marché du travail reflètent la reprise continue de l’activité économique », explique vendredi le département du Travail dans un communiqué.

La nette baisse du taux de chômage est une surprise, car les indicateurs montrent un ralentissement de la reprise économique aux États-Unis depuis la fin de l’été.

Chômage longue durée

Le nombre d’Américains sans emploi est désormais de 11,1 millions, deux fois plus qu’en février, soit avant que la pandémie ne provoque la fermeture de l’économie dans de nombreux États.

Près d’un tiers de ces chômeurs est au chômage de longue durée — depuis plus de six mois —, en forte hausse par rapport à septembre. Ce scénario est redouté par les économistes, car plus on est au chômage longtemps, plus il est difficile de retrouver un emploi. D’autant plus que de nombreux secteurs qui embauchaient beaucoup, à commencer par le tourisme, restent sinistrés.

Par ailleurs, les contaminations à la COVID-19 sont reparties à la hausse aux États-Unis, ce qui laisse craindre de nouvelles mesures de confinement, et donc de nouveaux licenciements.

L’arrivée de l’hiver risque en outre de limiter encore un peu plus l’activité des restaurants, qui avaient recommencé à servir les clients, mais principalement en terrasse.

« Le risque de ralentissement des créations d’emplois est élevé en raison de la hausse des contaminations qui va conduire à des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois », a commenté Rubeela Farooqi, analyste pour High Frequency Economics. Elle prévient également que « la baisse des créations d’emplois et l’absence de soutien budgétaire [du gouvernement fédéral] vont sans doute peser sur les revenus et dépenses et vont ralentir la reprise économique ».

Car les mesures adoptées en mars dans le gigantesque plan de relance économique expirent petit à petit, et vont laisser des millions de chômeurs sans revenu et des millions de petites entreprises face à des problèmes de trésorerie.

La Maison-Blanche et le Congrès n’ont pas réussi à s’entendre avant les élections sur de nouvelles mesures pour aider financièrement les ménages, les entreprises et les collectivités locales.

Les nouveaux élus devront reprendre les négociations, mais la perspective d’avoir un Congrès toujours divisé, entre démocrates contrôlant la Chambre des représentants et républicains au Sénat, jette un doute sur la possibilité d’un accord rapidement.

2020, l’année de tous les records

Le taux de chômage, qui était en février à 3,5 %, son niveau le plus bas en 50 ans, avait culminé à 14,7 % en avril, lorsque les mesures de confinement mises en place aux États-Unis pour tenter de ralentir la progression du virus avaient mis un brutal coup d’arrêt à l’économie américaine, provoquant des licenciements massifs, souvent temporaires.

Depuis, le chômage a reculé chaque mois, mais de nombreux licenciements temporaires sont devenus permanents, et 6,7 millions d’Américains travaillaient en temps partiel contraint en octobre, en hausse par rapport à septembre.

La crise a exacerbé les inégalités : le taux de chômage est ainsi de 6 % chez les Américains blancs, mais de 10,8 % chez les Afro-Américains.

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