Des aéroports régionaux demandent l’aide de Québec

Cinq aéroports régionaux, dont celui de Baie-Comeau en photo, ont annoncé la création d’un comité de survie.
Photo: Hussein Abdallah CC Cinq aéroports régionaux, dont celui de Baie-Comeau en photo, ont annoncé la création d’un comité de survie.

Cinq aéroports régionaux du Québec ont annoncé la création d’un comité de survie lundi en demandant au gouvernement Legault de leur venir en aide, car ils disent ne pas avoir accès à l’enveloppe de 800 millions réservée aux municipalités afin de lutter contre les conséquences financières de la pandémie.

Le comité est composé des aéroports de Val-d’Or, de Mont-Tremblant, de Baie-Comeau, de Mont-Joli et de Charlevoix, qui comptent faire des représentations avec l’appui du Réseau québécois des aéroports (RQA) afin d’obtenir l’appui nécessaire pour renforcer leur bilan et être en mesure de poursuivre leurs opérations malgré la chute de revenus.

Selon les cinq établissements, « certains aéroports sont exclus [de l’aide de Québec], par le simple fait de leur gouvernance différente, lorsqu’en dehors du périmètre municipal local. Pourtant, quelle que soit sa latitude ou sa gouvernance, chaque aéroport du Québec contribue à un réseau dont l’efficacité globale dépend absolument de chacune de ses parties. »

Les frais fixes restent les mêmes

Les aéroports vivent la crise « difficilement », a dit en entrevue la directrice générale de l’Aéroport régional de Val-d’Or, Louise Beaulieu. Pour l’année, le manque à gagner de son organisation est d’environ 1,5 million sur un budget global de près de 4 millions. « Dans l’aérogare, on a des concessions qui ont fermé, comme la restauration. En plus, les compagnies de location de voitures font des affaires minimes et Air Canada a quitté [l’aéroport] définitivement. Les vols commerciaux ont recommencé très, très lentement. Ce qui nous aide, ce sont les compagnies minières. »

Même si le nombre de vols a chuté, les frais fixes continuent d’exister, a dit Mme Beaulieu. Un exemple : il a fallu dégager la piste lundi en raison d’une grosse bordée de neige. « Peu importe qu’on ait un vol ou dix vols, il faut la déneiger. Les coûts fixes demeurent les mêmes. […] Ce ne sont pas tous les aéroports qui sont municipaux. Nous, on est un organisme sans but lucratif, on tombe un peu dans les craques. »

Conséquences sans précédent

Invité à réagir, le cabinet de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a suggéré au Devoir de contacter celui du ministre des Transports, François Bonnardel.

Dans la foulée d’un sondage printanier effectué par le RQA auprès de 40 aéroports du Québec, on a conclu que l’aide financière directe qui serait nécessaire tournait autour de 16 millions pour l’année. « Ce chiffre-là ne s’est certainement pas réduit », a dit en entrevue son directeur général, Romain Girard. Selon lui, le ministre Bonnardel a affirmé lors d’une réunion du Groupe d’intervention sur le transport aérien régional, la semaine dernière, qu’il est très conscient du problème des aéroports.

Les petits aéroports ne sont pas les seuls à faire les frais de la pandémie, qui a eu des conséquences sans précédent sur le secteur aérien. Aéroports de Montréal, par exemple, a indiqué au mois d’août que son effectif a fondu à 428 personnes, une chute de 30 % par rapport à la période précédant la crise, et qu’elle se trouve devant une baisse de revenus de 500 millions pour l’année. Pour leur donner un peu de répit, le gouvernement fédéral a offert aux grands aéroports un congé de loyer pour 2020.

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