Wall Street connaît sa pire semaine et son pire mois depuis mars

Les principaux indices ont connu cette semaine leur plus fort recul depuis le déclenchement de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis en mars.
Photo: Courtney Crow New York Stock Exchange via Associated Press Les principaux indices ont connu cette semaine leur plus fort recul depuis le déclenchement de l’épidémie de coronavirus aux États-Unis en mars.

La Bourse de New York a terminé vendredi dans le rouge, signant ses plus lourdes chutes hebdomadaires et mensuelles depuis mars, préoccupée par la résurgence du virus et une élection présidentielle américaine tendue et incertaine mardi.

Sur la semaine, l’indice vedette Dow Jones a perdu 6,5 %, le Nasdaq, où se concentrent les valeurs technologiques, et l’indice élargi S & P 500 sont en repli de 5,5 % et 5,6 %. Sur le mois, le Dow Jones a perdu 4,6 %, alors que le Nasdaq a lâché 2,3 % et le S & P 2,8 %. C’est leur plus fort recul depuis le déclenchement de l’épidémie aux États-Unis en mars.

À Toronto l’indice composé S&P/ TSX a perdu 90,06, points ou 0,6 %, pour terminer la séance avec 15 580,64 points. À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a cédé 38 ¢ US, à 35,79 $ US le baril, tandis que celui de l’or a grimpé de 11,90 $US, à 1879,90 $US l’once.

Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare du TSX affiche un recul de 4,4 %, ce qui représente sa plus forte baisse hebdomadaire depuis celle de 13,6 %, enregistrée le 20 mars. Le S&P / TSX se trouve aussi 7,2 % en deçà de son sommet de la fin août, alors qu’il avait profité d’une reprise. Il affiche finalement un recul de 3,3 % sur l’ensemble du mois d’octobre, ce qui vient s’ajouter au déclin de 2,4 % de septembre. Ces deux baisses font suite à une séquence de plusieurs mois de gains survenus après le plongeon de 17,7 % cumulé en mars.

Malaise mondial

Les actions américaines « ont ajouté de lourdes pertes hebdomadaires pour clôturer le mois », ont estimé les analystes de Schwab. « Le malaise mondial persiste quant à l’impact d’une résurgence de nouveaux cas de COVID-19 aux États-Unis et en Europe, exacerbé par une incertitude croissante avant l’élection présidentielle de la semaine prochaine », ont-ils ajouté.

« La semaine a été brutale pour les marchés actions », apeurés par la nouvelle mise à l’arrêt de certains pans de l’activité économique en réponse à la deuxième vague de la pandémie, résume David Madden, analyste pour CMC Markets. « Maintenant, les investisseurs se préparent au choc de mesures sanitaires plus strictes tandis que les élus américains n’ont pas trouvé de compromis sur un plan de soutien à l’économie », observe M. Madden.

Plusieurs statistiques positives aux États-Unis et en zone euro n’ont pas suffi à redonner du baume au cœur au marché, à quatre jours du scrutin américain. La confiance des consommateurs américains a atteint en octobre son plus haut niveau depuis le début de la pandémie. Quant aux revenus et dépenses des ménages, ils ont augmenté plus qu’attendu en septembre. L’économie européenne a, elle, affiché un rebond plus fort que prévu durant l’été, après la récession historique du printemps.

Mais les nouvelles restrictions sanitaires dans de nombreux pays de la zone euro, même si elles sont moins brutales qu’en mars, font peser un risque de freinage. « Une rechute du PIB au quatrième trimestre en Europe est désormais inévitable après des statistiques étonnamment résilientes au troisième trimestre », prévient Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplegest.

Incertitude

Pour Maris Ogg de Tower Bridge Advisors, « le grand mot c’est l’incertitude ». « On est incertains sur de multiples fronts, avec les élections, avec le virus en Europe, sans oublier que l’Europe n’a que deux, trois semaines d’avance sur nous » en termes d’évolution de l’épidémie, a ajouté cette analyste.

Malgré le rebond de la croissance américaine au troisième trimestre annoncé jeudi, malgré les résultats des grands noms de la tech jugés plutôt bons, les investisseurs ont concentré leur attention sur les aspects négatifs tels que les prévisions incertaines divulguées par les entreprises.

Le secteur technologique et le Nasdaq, en chute de plus de 3 % en cours de séance de vendredi, ont tiré les indices à la baisse. En tête, Twitter (-21,1 %) a été puni à cause d’une croissance ralentie de ses utilisateurs, malgré un chiffre d’affaires publicitaire en hausse. Facebook a lâché 6,3 %, Amazon -5,5 % et Apple -5,6 %. Alphabet, la maison mère de Google, a gagné 3,4 % après avoir annoncé la veille un bénéfice trimestriel de 11,2 milliards pour un chiffre d’affaires de 46,2 milliards.

Le VIX, surnommé indice de la peur, qui mesure la volatilité de la Bourse new-yorkaise, est remonté de 1,1 % à 38 points, proche de son pic en quatre mois, suggérant que les courtiers et les investisseurs restent inquiets. Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine est remonté un peu à 0,8720 % contre 0,8230 % jeudi soir, aidant le dollar à se renforcer vis-à-vis de l’euro.

Avec Le Devoir

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