Wall Street reprend des couleurs, tirée par la tech

En dehors du raté sur la croissance de son nombre d’usagers, Twitter, sous pression politique aux États-Unis pour sa modération des contenus sur sa plateforme, a largement dépassé les attentes de Wall Street.
Photo: Courtney Crow/New York Stock Exchange via AP En dehors du raté sur la croissance de son nombre d’usagers, Twitter, sous pression politique aux États-Unis pour sa modération des contenus sur sa plateforme, a largement dépassé les attentes de Wall Street.

La Bourse de New York a terminé jeudi en reprenant des couleurs, tirée par un rebond de la tech, après la journée noire de la veille.

Son indice symbolique, le Dow Jones, a terminé en hausse de 0,5 % à 26 659,11 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a gagné 1,6 % à 11 185,59 points. L’indice élargi S & P 500 a aussi avancé de 1,2 % à 3310,11 points. Les grands noms de la technologie ont été recherchés en séance, comme Apple (+3,7 %) ou Facebook (+4,9 %), dans l’attente de la publication de leurs résultats juste après la clôture.

Apple

L’action d’Apple chutait toutefois de plus de 4 % dans les échanges électroniques d’après Bourse. Les ventes d’iPhone ont ralenti au quatrième trimestre de l’exercice 2019-2020. L’iPhone a généré des ventes de 26,4 milliards au géant de Cupertino, en baisse de plus de 20 % par rapport à la même période l’an dernier. « Malgré les impacts toujours en cours du Covid-19, Apple est en plein milieu de la période de lancement de produits la plus prolifique de son histoire », a réagi le patron du groupe, Tim Cook, dans un communiqué.

Son chiffre d’affaires global pour la période juillet-septembre s’est établi à 64,7 milliards, en hausse de 1 %. Le bénéfice net est de 12,7 milliards, en baisse de 7,4 % sur un an. Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, il s’affiche à 73 cents US.

Facebook

Facebook a récolté 21,5 milliards de revenus, essentiellement publicitaires, au troisième trimestre, et dégagé 7,85 milliards de bénéfice net, malgré un boycott de centaines de marques pendant l’été à cause des controverses autour de sa modération des contenus jugés problématiques. Le géant des réseaux sociaux a encore agrandi la famille d’utilisateurs de ses différentes plateformes. Au 30 septembre, plus de 3,2 milliards de personnes fréquentaient, au moins une fois par mois, l’une de ses quatre plateformes et messageries (Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp).

Tous ses décomptes d’utilisateurs sont en hausse de 12 à 15 %, alors que certains analystes envisageaient une légère baisse pendant l’été après des mois de confinement très propices aux usages en ligne. Plus de 1,8 milliard de personnes vont sur Facebook tous les jours dans le monde à ce stade.

Alphabet

Alphabet (maison mère de Google) qui a terminé en hausse de 3,3 % doublait la mise dans les échanges électroniques après la fermeture (+6,1 %). Le groupe a publié des résultats nettement supérieurs aux attentes et renoué avec la croissance de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, au cours duquel les annonceurs sont revenus sur Google, première plateforme publicitaire d’Internet. Les investisseurs s’attendaient à un tel rebond depuis qu’Alphabet avait fait état en juillet d’un redressement des dépenses publicitaires des entreprises à la suite de l’effondrement provoqué à partir de mars avec les confinements de population à travers le monde, précise l’agence Reuters.

L’activité publicitaire de Google a ainsi représenté 80 % du chiffre d’affaires de 46,2 milliards réalisé par Alphabet au troisième trimestre. Le géant américain du numérique a réalisé un bénéfice de 11,2 milliards, soit 16,40 $US par action, contre une prévision moyenne de 7,7 milliards, ou de 11,18 $US l’action, chez les analystes suivis par Refinitiv.

Amazon

Le géant du commerce en ligne Amazon en revanche, a terminé en modeste hausse de 1,5 % avant de lâcher autant dans les échanges après la clôture malgré le triplement de son bénéfice au troisième trimestre grâce à la pandémie.

Amazon a encore profité à plein au troisième trimestre de l’envolée du commerce en ligne et du télétravail depuis le début de la pandémie de COVID-19, mais ses prévisions ont quelque peu déçu Wall Street qui fait du groupe un des gros gagnants des mesures de confinement.

Le groupe de Jeff Bezos, première fortune mondiale d’après le magazine Forbes, a pourtant gagné beaucoup d’argent au troisième trimestre, son bénéfice net ayant triplé à 6,3 milliards. Ajusté par action et hors éléments exceptionnels, son bénéfice s’élève à 12,37 $US, soit bien au-dessus des 7,4 $US attendus par les analystes.

Le chiffre d’affaires du géant de l’e-commerce s’est envolé de 37 % sur la période pour atteindre 96,1 milliards. Alors que les mesures de confinement ont rendu Amazon encore plus populaire et omniprésent dans la vie quotidienne de millions de personnes, les recettes tirées de la vente d’articles sur sa plateforme ont progressé de 39 %.

Avec l’essor du télétravail, les entreprises et particuliers ont aussi accru l’utilisation des services de “cloud” (informatique à distance) comme celui proposé par Amazon, dont le chiffre d’affaires a augmenté de 29 %.

Twitter

Twitter, porté à +8 % en clôture, chutait de 10 % après la fermeture et l’annonce d’une hausse plus faible que prévu du nombre de ses usagers quotidiens. Ce nombre, qui reflète le volume d’utilisateurs pouvant être exposés à de la publicité sur le site et l’application du réseau social, s’est établi à 187 millions de personnes, en hausse de 1 million par rapport au trimestre précédent, alors que les analystes s’attendaient à 196 millions.

En dehors du raté sur la croissance de son nombre d’usagers, Twitter, sous pression politique aux États-Unis pour sa modération des contenus sur sa plateforme, a largement dépassé les attentes de Wall Street. Son chiffre d’affaires s’est établi à 936 millions, en très nette hausse par rapport aux 777 millions de dollars anticipés. Le groupe a enregistré un bénéfice net de 28,7 millions. Les recettes publicitaires du réseau social, qui sont sa principale source de revenus, ont, elles, augmenté de plus de 15 % en rythme annuel.

avec Le Devoir