Le PIB des États-Unis a rebondi au troisième trimestre

Le PIB américain a augmenté de 33,1 % en rythme annualisé au troisième trimestre, un chiffre qu’il faut toutefois remettre en contexte avec la baisse de 31,4 % au trimestre précédent.
Photo: Kerem Yucel Archives Agence France-Presse Le PIB américain a augmenté de 33,1 % en rythme annualisé au troisième trimestre, un chiffre qu’il faut toutefois remettre en contexte avec la baisse de 31,4 % au trimestre précédent.

La croissance est de retour aux États-Unis après le plongeon économique du printemps, et le rebond est historique, mais cela ne met pas fin à la crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

Le PIB des États-Unis a bondi entre juillet et septembre de 33,1 % en rythme annualisé, du jamais-vu, selon une estimation préliminaire du département du Commerce publiée jeudi. Mais cela reste loin des niveaux précédant les confinements décidés au printemps, faisant plonger l’économie de 31,4 % au deuxième trimestre.

D’un trimestre à l’autre le rebond a été de 7,4 % après une chute de 9 % au trimestre précédent. Cela n’a pas empêché le locataire de la Maison Blanche Donald Trump de célébrer sur Twitter : « Le plus grand et le meilleur (PIB) de l’histoire de notre pays », promettant que « l’année prochaine sera FANTASTIQUE !!! ». Il a égratigné au passage son rival qui le distance dans la plupart des sondages nationaux : « Joe Biden l’Endormi et sa proposition d’augmentation record des impôts, tuerait tout. Je suis tellement content que ce grand chiffre du PIB soit sorti avant le 3 novembre », jour de l’élection.

M. Biden, qui estime, comme M. Trump, être celui qui redonnera ses lettres de noblesse à l’économie américaine, a, lui, jugé que le rebond de la croissance n’était pas assez fort. « La reprise ralentit voire même stagne », a dénoncé l’ancien vice-président de Barack Obama, disant que le léger sursaut n’aidait que « ceux qui sont au sommet, mais laisse derrière eux des dizaines de millions de familles de travailleurs et de petites entreprises ».

Le rebond de l’activité économique enregistré entre juillet et septembre a été essentiellement soutenu par les aides généreuses versées par le gouvernement fédéral aux ménages et entreprises face à la pandémie de COVID-19, qui ont pour la plupart désormais pris fin. La consommation, moteur de la croissance, a été en hausse de 40,7 %, ce qui démontre « la puissance de la politique budgétaire à un moment où des millions de personnes sont restées sans travail, en raison de la pandémie », a fait remarquer Ian Shepherdson, chef économiste chez Pantheon Macroeconomics, dans une note.

Il sera difficile de reproduire de tels chiffres dans les prochains mois, préviennent des économistes, qui font valoir que le rythme de la croissance dépendra non seulement de l’évolution de la pandémie mais aussi, et surtout, des discussions sur un nouveau plan de soutien à l’économie actuellement dans l’impasse en attendant les résultats de l’élection présidentielle.

De nombreux voyants sont à l’orange, à l’exemple du marché du travail qui a certes enregistré une baisse du nombre de chômeurs indemnisés, ils sont encore quelque 7,75 millions à toucher des allocations. Et des millions d’autres arrivent en fin de droits.

« Après le confinement et les dynamiques de réouverture (de l’activité économique) qui ont entraîné d’importantes fluctuations de l’activité entre mars et septembre, les réalités de la situation économique apparaissent », avertit notamment Brian Coulton, chef économiste de Fitch. Selon lui, « la croissance devrait ralentir fortement, nous sommes encore loin de la normalisation et la flambée des cas de virus signifie que la distanciation sociale et toutes ses conséquences économiques vont perdurer ».

À voir en vidéo