Nouvel élargissement de l’aide aux PME souffrant de la pandémie

À ce jour, environ 774 000 PME et sociétés à but non lucratif ont souscrit au programme de Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, pour un total de 31 milliards en prêts.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne À ce jour, environ 774 000 PME et sociétés à but non lucratif ont souscrit au programme de Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, pour un total de 31 milliards en prêts.

L’aide financière aux PME qui souffrent de la pandémie s’élargit un peu plus, une fois de plus : les sociétés qui ont recours à un compte bancaire personnel dans le cadre de leurs activités sont désormais admissibles au programme de Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC), qui prévoit des prêts sans intérêt pouvant atteindre 40 000 $.

La mesure, qui survient cinq mois après que le premier ministre Justin Trudeau a dit qu’Ottawa étudiait ce genre d’élargissement, constitue le plus récent morceau d’un filet mis en place pour aider les petites et moyennes entreprises à traverser la crise. De manière concrète, le programme permettra à ces PME d’y avoir accès, mais Ottawa a indiqué qu’elles devront d’abord ouvrir un compte d’entreprise, à condition de satisfaire aux autres critères.

À ce jour, environ 774 000 PME et sociétés à but non lucratif ont souscrit au programme pour un total de 31 milliards en prêts. L’accès aux fonds se fait par l’entremise de plus de 200 institutions financières.

Selon Ottawa, le CUEC, doté d’une enveloppe globale de 55 milliards et expirant le 31 décembre 2020, vise à soutenir les entreprises en attendant une reprise économique, bon nombre d’entre elles étant aux prises avec des frais fixes au moment où les revenus ont chuté de manière importante par rapport à leur niveau antérieur. Les prêts sont garantis par le gouvernement.

Entre 5 et 6 % des membres des 110 000 membres de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) fonctionnent avec un compte personnel, a dit en entrevue Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales à la FCEI. En extrapolant à l’ensemble des 1,1 million de PME au pays, l’on pourrait conclure que la situation est celle de 50 000 à 60 000 entreprises, selon lui. Depuis que M. Trudeau en a parlé en mai, la FCEI a répondu à de nombreux appels de la part de membres souhaitant savoir si la mesure serait mise en œuvre.

Ottawa a modifié les règles du programme à plusieurs reprises depuis son dévoilement au mois de mars 2020. Par exemple, le gouvernement a d’ailleurs annoncé il y a deux semaines que le montant de prêt maximum de 40 000 $ serait relevé à 60 000 $.

Une partie de cette tranche supplémentaire pourra être radiée si le solde du prêt est remboursé avant la fin décembre 2022. Le jour même, Ottawa a également annoncé une nouvelle Subvention d’urgence du Canada pour le loyer, qui offrira une aide directe aux entreprises devant payer un espace locatif.

Un peu plus de 85 % des entreprises sondées par la Banque de développement du Canada croient qu’elles seront certainement ou probablement encore en activité dans un an, selon une enquête publiée il y a deux semaines. Selon un autre sondage, celui-là fait par la FCEI, les trois quarts des PME ont dû emprunter de l’argent pour essayer de traverser la pandémie, le montant moyen s’élevant à 127 000 $.

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