Inquiétude chez les pilotes d’Air Transat

À cause de la COVID-19 et des restrictions frontalières, Transat a seulement besoin de 14% de ses pilotes, selon le syndicat.
Photo: Getty Images À cause de la COVID-19 et des restrictions frontalières, Transat a seulement besoin de 14% de ses pilotes, selon le syndicat.

Les conséquences de la COVID-19 et des restrictions frontalières sur le transport aérien sont telles que Transat a seulement besoin de 14 % de ses pilotes à l’heure actuelle, a indiqué le syndicat des pilotes mercredi en affirmant que cela occasionne des problèmes pour ses membres, car ceux-ci ont également besoin de maintenir leurs compétences.

Selon le syndicat ALPA-Transat, le bassin de 690 pilotes actifs que comptait la compagnie avant la pandémie se situe à 188 en ce moment et, compte tenu des avis envoyés aux membres récemment, il tombera à 91 au matin du 18 novembre. « Ce qui nous inquiète, c’est qu’il y a 14 % de nos pilotes qui sont à l’emploi et qu’il n’y a aucune aide fédérale à l’aviation », a dit en entrevue le président du conseil exécutif d’ALPA-Transat, Pierre Lessard, qui compte 30 ans d’expérience comme pilote au sein de la compagnie. « De plus, les frontières sont encore fermées avec des quarantaines de 14 jours, ce qui fait en sorte que les passagers ne voyagent pas et ne le veulent pas. C’est compréhensible, vous ne pouvez pas prendre deux semaines de vacances et deux semaines de quarantaine à la maison si vous n’êtes pas quelqu’un qui peut faire du télétravail. »

Cette situation « plombe beaucoup les compagnies aériennes », a ajouté M. Lessard. « Nos emplois sont à risque et on ne voit pas la lumière au bout du tunnel. Le gouvernement ne fait rien de scientifique pour remédier à cette quarantaine de 14 jours. » À l’aéroport de Francfort, a-t-il dit, « on est capable de faire 20 000 tests par jour pour éliminer la quarantaine des gens qui arrivent en Allemagne. Au Canada, on n’a rien. »

Pour l’instant, Air Canada a récemment annoncé une commande de 25 000 trousses de dépistage rapide auprès de la firme Abbott. Celles-ci seront destinées aux employés volontaires.

Les règles prévoient qu’un pilote doit effectuer trois décollages et atterrissages par période de trois mois, a rappelé Pierre Lessard. « Donc ça, ce n’est pas fait. Ensuite, il faut aller au simulateur tous les six mois. Ce n’est pas comme débarquer d’une bicyclette et rembarquer deux ans plus tard. Ce sont des aptitudes qu’il faut entretenir de manière continue. » La rémunération d’un pilote repose sur 80 heures de vol par mois, auxquelles s’ajoute du travail supplémentaire lié notamment à la préparation des plans de vol et de l’appareil, et aux rapports d’atterrissage.

Les chiffres du syndicat sont relativement précis, a dit le vice-président aux ressources humaines et aux affaires publiques de Transat, Christophe Hennebelle. La compagnie a proposé à tous ses employés mis à pied d’adhérer à la Subvention salariale d’urgence du Canada, mais sur une base individuelle. La très grande majorité des gens ont choisi de le faire. La compagnie partage l’inquiétude des pilotes, a-t-il dit. « On ne peut que répéter que le gouvernement fédéral prend des mesures pour aider les compagnies aériennes, car tout ça est quand même une conséquence de la COVID, mais aussi des restrictions aux frontières. Même si on comprend les raisons pour lesquelles ces restrictions sont prises, on est frappés très fort et nos employés en subissent les conséquences au premier chef. » Air Canada a annoncé 20 000 mises à pied au printemps. Au sujet du nombre de pilotes actifs, une porte-parole a indiqué que « ce sont là des informations que nous dévoilons en général lors de nos résultats financiers », qui seront publiés le 9 novembre.

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