Le président d’Air Canada prend sa retraite

Calin Rovinescu, 65 ans, était à la tête d’Air Canada depuis avril 2009.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Calin Rovinescu, 65 ans, était à la tête d’Air Canada depuis avril 2009.

Le président et chef de la direction d’Air Canada prendra sa retraite le 15 février, après l’achèvement de l’exercice financier. Calin Rovinescu laissera ainsi à son successeur, Michael Rousseau, le soin de piloter la reconstruction post-COVID du principal transporteur aérien au Canada.

Calin Rovinescu, 65 ans, était à la tête d’Air Canada depuis avril 2009. Il rappelle dans le communiqué diffusé vendredi que « j’ai entretenu des liens uniques et très spéciaux avec Air Canada et notre formidable équipe pendant plus de trois décennies, bien souvent sur la ligne de front à des moments décisifs de la société : durant sa privatisation en 1988-1989, à sa défense contre une offre publique d’achat hostile en 1999, à sa fusion avec Canadien International en 2000, dans le sillage du 11 Septembre, pour le pilotage de la restructuration en 2003-2004 et quantité d’autres épisodes ».

De son successeur, Michael Rousseau, il souligne qu’il « est un membre clé de notre équipe de direction depuis le début de notre transformation. Il s’est révélé un partenaire inestimable et de bon conseil, me secondant dans pratiquement tous les aspects de notre parcours des 12 dernières années et en particulier au cours des deux dernières à titre de chef de la direction adjoint ».

Michael Rousseau assume les fonctions de chef de la direction adjoint et chef des affaires financières d’Air Canada depuis décembre 2018. Il occupait précédemment le poste de vice-président général et chef des affaires financières depuis 2007. Avant d’arriver chez le transporteur, il était président de la Compagnie de la Baie d’Hudson.

Il aura pour mission de piloter la reconstruction post-pandémie d’Air Canada. « Notre plan d’atténuation des contrecoups de la COVID-19 et de reprise est maintenant presque entièrement concrétisé […] Nous avons réuni quelque 6 milliards de dollars en liquidités supplémentaires. Nous continuons de mettre en œuvre une série de mesures de réduction importantes du parc aérien, de la capacité, du réseau et de l’effectif, qui sont nécessaires pour les prochaines années avant de reconstruire l’entreprise à partir de cette empreinte plus réduite », précise M. Rovinescu.

Le président du conseil d’administration d’Air Canada, Vagn Sørensen, a souligné l’apport du président sortant. « Le mérite de Calin dans la transformation fructueuse d’Air Canada en un chef de file mondial et durable de l’aviation est directement attribuable à son leadership stratégique et à son courage imperturbable dans la prise de décisions difficiles et novatrices, en gardant toujours en tête l’intérêt supérieur de toutes les parties prenantes — actionnaires, employés, clients et partenaires. »

Vagn Sørensen dit de Michael Rousseau que son leadership « a évolué bien au-delà du rôle traditionnel de chef des finances au cours des années à Air Canada. Son sens aigu des finances et des affaires et son esprit d’équipe seront un atout de poids pour notre société dans les années à venir ».

Rendement de 3600 %

Calin Rovinescu maintient une relation de longue date avec Air Canada. Associé directeur du bureau montréalais de Stikeman Elliott depuis 1996, il a fait sa force à titre de conseiller auprès des entreprises dans les domaines touchant les privatisations, les offres publiques d’achat, amicales ou hostiles, et les restructurations. Il est entré au service d’Air Canada en avril 2000 au poste de vice-président général à la croissance et à la stratégie de l’entreprise. Il avait été recruté par Robert Milton après qu’il eut joué le rôle de conseiller spécial lors de l’offre d’achat hostile déposée en 1999 par le tandem Onex-Americain Airlines. Cette saga s’est terminée par une victoire devant les tribunaux, la Cour supérieure du Québec déclarant illégale l’offre d’Onex, forçant cette dernière à lâcher prise.

Calin Rovinescu est ensuite devenu l’homme de confiance de Robert Milton dans le vaste chantier de fusion et d’intégration de Canadien à Air Canada, de 2000 à 2003. Et l’homme fort de la restructuration du transporteur, en 2003-2004, qui s’est déroulée sous la protection des tribunaux.

Il est arrivé à la présidence dans l’urgence. En 2009, au sortir de la Grande Récession, Air Canada évoluait en mode survie. Il fallait alors regarnir les coffres, recapitaliser des régimes de retraite lourdement déficitaires. Il fallait aussi répondre aux pressions venant d’un important fournisseur de services de traitement des opérations par carte de crédit, trouver de nouvelles sources de revenus et s’entendre avec les syndicats afin d’abaisser les coûts unitaires.

Le président du conseil d’administration a ajouté à la lecture du bilan de cette présidence le comportement boursier de l’action d’Air Canada. S’inspirant du classement de The Globe and Mail, elle a été « le titre le plus performant à la Bourse de Toronto, toutes catégories industrielles confondues, de la décennie qui a pris fin le 31 décembre 2019, avec un rendement global de l’action supérieur à 3600 % », écrit-il.

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