La chasse aux talents se poursuit dans les firmes de génie-conseil

Martine Letarte Collaboration spéciale
Pour relancer l'économie de la province, le Plan québécois des infrastructures prévoit des investissements de plus de 130 milliards sur 10 ans.
Photo: Getty Images Pour relancer l'économie de la province, le Plan québécois des infrastructures prévoit des investissements de plus de 130 milliards sur 10 ans.

Ce texte fait partie du cahier spécial Génie québécois

Les firmes de génie-conseil ne chôment pas actuellement, grâce aux nombreux investissements en infrastructure du gouvernement pour relancer l’économie du Québec. Les entreprises privées ont aussi plusieurs projets à mettre ou à remettre sur les rails pour s’adapter à la nouvelle situation et rebondir. Si bien que tout l’écosystème de la construction continue de s’arracher les talents.

Pas moins de 181 projets prioritaires sont inclus dans le projet de loi 66 concernant l’accélération de travaux d’infrastructure déposé par Sonia LeBel, ministre responsable de l’Administration gouvernementale et présidente du Conseil du trésor. Le Plan québécois des infrastructures 2020-2030 prévoit aussi des investissements de plus de 130 milliards, un sommet historique.

« Que ce soit des écoles, des maisons des aînés, des hôpitaux, les projets à réaliser pour relancer l’économie du Québec sont nombreux et créent beaucoup de travail pour les firmes de génie-conseil », affirme André Rainville, président-directeur général de l’Association des firmes en génie-conseil (AFG).

Cette effervescence a aussi son effet sur les différents ordres gouvernementaux et sur les organisations qui doivent gérer la réalisation de ces projets d’infrastructure. Là aussi, des ingénieurs et des techniciens sont recherchés. « Il y a beaucoup de besoins actuellement et il y en aura aussi dans les prochaines années dans tout l’écosystème de la construction, affirme M. Rainville. Il y a de belles occasions de carrière. »

Des projets séduisants

Les salaires et les conditions de travail sont incontournables pour attirer les talents et les retenir, mais la qualité des défis à relever est aussi d’une importance capitale, aux yeux du p.-d.g. de l’AFG. « Les ouvrages à réaliser devront contribuer à la lutte contre les changements climatiques, notamment en portant une attention particulière aux enjeux d’économie d’énergie et de réduction des gaz à effet de serre, affirme-t-il. Il faut une approche de développement durable pour tous les projets maintenant, donc les travailleurs des firmes de génie-conseil contribuent à la fois à la relance de l’économie du Québec et à la lutte contre les changements climatiques. »

Chez Énergénia, une firme de génie-conseil spécialisée en efficacité énergétique des bâtiments, on sent d’ailleurs très bien l’attrait des jeunes diplômés en génie pour ce secteur particulièrement vert du génie-conseil. « Les jeunes veulent sauver le monde. Nous n’avons jamais eu de problèmes à les recruter, même avant la crise de la COVID-19, alors que le génie était un secteur en pénurie de main-d’œuvre», affirme Marie-France Béland, directrice du développement organisationnel chez Énergénia.

Que ce soit des écoles, des maisons des aînés, des hôpitaux, les projets à réaliser pour relancer l’économie du Québec sont nombreux et créent beaucoup de travail pour les firmes de génie-conseil

La firme d’une vingtaine d’employés a en revanche plus de difficulté à trouver des ingénieurs de niveau intermédiaire et avancé. « Notre défi est d’attirer l’attention des candidats qui sont en grande entreprise et qui y sont confortables dans leurs projets, précise-t-elle. Mais une fois que c’est fait, nous nous distinguons de la grande entreprise par notre dynamique d’équipe. D’ailleurs, dès que les employés ont pu revenir à leur lieu de travail cet été, nous avons eu un très bon taux de retour même si nous insistions pour que le télétravail continue. »

Énergénia travaille avec des entreprises privées pour construire de nouveaux bâtiments écoénergétiques, améliorer des bâtiments existants ou faire du soutien à l’exploitation. « Nous étions en croissance avant la COVID-19 et nous le sommes toujours, mais c’est plus difficile de planifier des projets de construction avec nos clients parce qu’ils sont en réflexion, explique la directrice. Nous sommes plus actifs en ce moment dans des projets d’efficacité énergétique sur des bâtiments existants, ce qui permet de réduire les coûts, et dans le soutien à l’exploitation. »

Les projets sont donc nombreux et diversifiés pour les firmes de génie-conseil actives dans différents secteurs d’activité. Les nouveaux venus dans la profession peuvent ainsi choisir d’aller vers le type de projet qui les allume vraiment. « Les jeunes sont très passionnés par ce qu’ils font et ils se donnent dans leurs projets, remarque André Rainville. Ensuite, ils peuvent voir leurs réalisations dans le décor urbain pendant plusieurs décennies. Les ingénieurs ont envie de contribuer à la société et ils sont fiers de voir la population utiliser leurs ouvrages lorsqu’ils répondent à des besoins. »