Première victoire pour des membres opposés à la vente de MEC

Bon nombre de membres de MEC, qui ont tous payé 5$ pour se joindre à la coopérative, se sont manifestés contre la vente au cours des dernières semaines.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Bon nombre de membres de MEC, qui ont tous payé 5$ pour se joindre à la coopérative, se sont manifestés contre la vente au cours des dernières semaines.

La voix des membres de MEC pourra être formellement entendue lundi lors d’une audience organisée par la Cour suprême de la Colombie-Britannique au sujet du détaillant, a déclaré au Devoir une porte-parole d’un groupe qui s’oppose à la vente de la coopérative à une firme d’investissement américaine.

Le groupe Save MEC/Sauvons MEC demandera la suspension de la transaction annoncée le 14 septembre et la mise en place d’un délai afin de pouvoir suggérer une solution de rechange tournée vers le milieu coopératif canadien, a précisé la porte-parole francophone de la campagne, Marie-Hélène Viau. Cette participation a été autorisée jeudi, a-t-elle précisé, en précisant que les membres seront représentés par le cabinet Victory Square Law Office.

Bon nombre de membres de MEC, qui ont tous payé 5 $ pour se joindre à la coopérative, se sont manifestés contre la vente au cours des dernières semaines, notamment par l’entremise d’une pétition qui a jusqu’ici recueilli plus de 134 000 signatures.

Les opposants acceptent mal que la transaction avec Kingswood Capital Management, qui se fait en passant par la protection de MEC contre ses créanciers, mettra fin à la structure coopérative qui caractérise le détaillant depuis sa fondation au début des années 1970.

Sur les 5,8 millions de membres inscrits au registre de MEC, il y en aurait 750 000 au Québec, selon une estimation fournie par Mme Viau.

Selon un rapport déposé jeudi par la firme Alvarez & Marsal Canada, le contrôleur nommé par la Cour, MEC compte 1516 employés au Canada, dont 155 au Québec. De ces employés québécois, 94 sont des employés « actifs », 42 ont été mis à pied et 19 sont en congé. Ses magasins de Québec et de Montréal sont ouverts, mais ceux de Laval et de Longueuil sont « fermés jusqu’à nouvel ordre », selon son site Internet.

Le prix de base de la transaction serait de 120 millions, précise le rapport d’Alvarez & Marsal. Après certains ajustements et la prise en charge du passif, l’évaluation globale atteint 150 millions.

MEC a subi une perte nette de 21 millions pour les sept semaines terminées le 6 septembre, indique le rapport, soit presque autant que le manque à gagner de 23 millions pour tout l’exercice financier terminé en février 2020. Lorsque la pandémie a frappé et accéléré des problèmes financiers qui étaient déjà en train de gruger la société, celle-ci a fermé la totalité de ses magasins et tenté de négocier des arrangements de loyer avec les propriétaires des espaces qu’elle loue.

Si les membres n’ont pas été consultés avant le projet de vente à Kingswood Capital, c’est que la situation financière de MEC nécessitait une intervention rapide et d’une ampleur telle qu’il aurait été impensable de se tourner vers eux pour une contribution volontaire, affirme la société sur son site. Quant au remboursement de la part sociale de 5 $, MEC précise que, « malheureusement, les modalités de l’ordonnance initiale du tribunal en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies […] interdisent le rachat des parts sociales pour le moment ».

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