Il faudra plus de détails sur la relance, dit le milieu des affaires

Le discours du Trône a mentionné que des mesures supplémentaires seront annoncées cet automne pour l’industrie du voyage et de l’hébergement.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le discours du Trône a mentionné que des mesures supplémentaires seront annoncées cet automne pour l’industrie du voyage et de l’hébergement.

Le milieu des affaires a salué mercredi le prolongement de la Subvention salariale d’urgence jusqu’à l’été 2021, mais certains groupes ont estimé que le discours du Trône n’a pas offert suffisamment de détails sur la relance et espèrent que la mise à jour économique prévue cet automne sera l’occasion pour Ottawa d’en mettre un peu plus sur la table.

En ce qui concerne les entreprises, qui dans bien des cas ont perdu une bonne partie de leurs revenus depuis le début de la pandémie, il est également prévu qu’Ottawa va étendre le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes pour les aider avec leurs coûts fixes. Il souhaite aussi une campagne visant la création d’un million d’emplois, notamment grâce à des investissements en infrastructures et dans le secteur social. Par ailleurs, l’allocution de la gouverneure générale n’a pas mentionné de soutien spécifique au secteur aérien, comme celui-ci le demande depuis des mois.

« Au milieu d’une pandémie et d’une économie qui en arrache, les détails ont de l’importance et le temps est précieux. Nous aurions aimé voir un plan opérationnel plus précis. Les Canadiens et les entreprises souffrent aujourd’hui et ont besoin d’aide pour se maintenir à flot jusqu’à demain », a laissé tomber le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty. « Le gouvernement devrait publier un minibudget au plus tard en octobre. »

Cela dit, le prolongement de la Subvention salariale d’urgence, qui couvre 75 % de la rémunération des employés jusqu’à hauteur de 847 $ par semaine, permettra de maintenir le lien d’emploi entre travailleurs et employeurs, a reconnu la Chambre de commerce du Canada.

« Les six derniers mois ont été vraiment éprouvants pour les propriétaires de PME au Québec et au Canada », a dit Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Même si les entreprises ont redémarré, il y a un déclin des ventes « assez important », a-t-il dit en mentionnant également les coûts d’équipement sanitaire. « Le discours du Trône devait envoyer un message que le gouvernement soutient les entrepreneurs », et le prolongement de la Subvention salariale répond à cela, selon lui.

La FCEI est toutefois intriguée par la mention du fait que l’assurance-emploi, par laquelle passera la Prestation canadienne d’urgence, devrait être « adaptée au XXIe siècle, y compris pour les travailleurs autonomes et les personnes qui travaillent dans l’économie à la demande ». « Le gouvernement ne contribue pas à la caisse, donc avant de faire des changements, il est important que ceux qui paient [employeurs et employés] soient à la table pour en parler », a dit M. Guénette.

Le discours du Trône a par ailleurs mentionné que des mesures supplémentaires seront annoncées cet automne pour l’industrie du voyage et de l’hébergement. L’allocution, toutefois, ne mentionne pas la restauration.

« En raison de l’impact unique que cette crise a eu sur notre industrie et des implications pour d’autres industries qui dépendent largement d’un secteur de la restauration florissant pour leur survie, nous espérions que le discours du Trône d’aujourd’hui enverrait un signal clair que les petites entreprises comme les restaurants seraient une priorité pour la prochaine législature », a affirmé Restaurants Canada dans un communiqué. « Bien que nous reconnaissions le soutien important que le gouvernement fédéral a apporté au cours des premiers jours de cette pandémie, la réalité est que toute vague ultérieure pendant les mois les plus froids aura un impact dévastateur sur le secteur de la restauration et pourrait anéantir le fragile chemin de reprise que notre secteur a travaillé si dur à construire. »