À l’arrêt depuis mars, Stornoway Diamonds relancera ses activités

Même s’ils ont perdu plusieurs dizaines  de millions  de dollars  dans l’aventure,  Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement sont appelés  à remettre  de l’argent  sur la table.
Stornoway Même s’ils ont perdu plusieurs dizaines de millions de dollars dans l’aventure, Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement sont appelés à remettre de l’argent sur la table.

Même s’ils ont perdu plusieurs dizaines de millions de dollars dans cette aventure, Investissement Québec (IQ) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) sont appelés à remettre de l’argent sur la table alors que Stornoway Diamonds s’apprête à relancer les activités de sa mine diamantifère dans le Nord-du-Québec.

La reprise devrait avoir lieu d’ici la fin du mois et s’accompagnera notamment d’un programme visant à réduire les coûts d’au moins 30 millions de dollars au cours des 16 prochains mois, a annoncé lundi Redevances Aurifères Osisko, qui détient une participation de 35,1 % dans la société.

De plus, les quatre actionnaires de la compagnie, parmi lesquels figurent le bras financier de l’État québécois et le gestionnaire de régimes de retraite, « se sont commis à réinvestir » jusqu’à 30 millions de plus dans une facilité de crédit de premier rang. Lundi avant-midi, il n’avait pas été possible de parler à la direction de Stornoway. Cette somme s’ajouterait aux 20 millions de dollars prêtés il y a un an.

Redevances Aurifères Osisko versera un maximum de 7,5 millions, alors que la CDPQ a « autorisé jusqu’à 3,75 millions », a indiqué son porte-parole, Serge Vallières.

Il n’a pas été possible de connaître dans l’immédiat l’ampleur de la contribution des autres propriétaires de Stornoway Diamonds — à l’arrêt depuis le 24 mars dernier en raison de l’interruption des activités jugées non essentielles décrétée par le gouvernement Legault pour cause de pandémie de COVID-19.

« Aucun tirage n’est prévu pour le moment alors que Stornoway a toujours environ 10 millions [de dollars] de trésorerie et environ 332 000 carats en stock, qui seront vendus d’ici la fin de l’année », a souligné le principal actionnaire de la compagnie.

Après s’être placée à l’abri de ses créanciers en septembre dernier, Stornoway a été reprise par quatre créanciers garantis. Redevances Aurifères Osisko détient 35,1 % de Stornoway, contre 35 % pour IQ, 16,9 % pour la CDPQ et 13 % pour Triple Flag. Le projet Renard devait incarner la relance du Plan Nord

IQ était le plus important actionnaire de Stornoway au moment de la restructuration avec une participation d’environ 25,8 %, alors que la CDPQ détenait 11 % des titres en circulation. La débâcle de Stornoway s’était soldée par des pertes de quelque 110 millions de dollars pour IQ et d’une quarantaine de millions pour le bas de laine des Québécois.

Arrêt prolongé

En évoquant des conditions difficiles dans le marché des diamants, Stornoway avait décidé de prolonger, en avril dernier, la pause, même si Québec avait permis à l’industrie minière de redémarrer.

Cela avait laissé quelque 540 personnes sans emploi. Une cinquantaine d’employés étaient demeurés sur le site pour l’entretien.

« Il n’avait pas été possible de réaliser des ventes en avril et en mai, a indiqué Benoit Brunet, vice-président, stratégie d’affaires chez Osisko, au cours d’un entretien téléphonique dans lequel il n’a pas pu offrir de détails sur les étapes à venir. Nos consultants en Belgique ont recommencé à faire des ventes. Les dernières indications sont encourageantes en ce qui a trait aux prix. »

Les prix du diamant sont cependant toujours loin des niveaux de 2014 — 147 $US le carat — lorsque le montage financier du projet Renard, situé sur le territoire de la Baie-James, à quelque 250 km au nord de la nation crie de Mistissini et à 350 km au nord de Chibougamau, avait été annoncé.

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