La multinationale québécoise GardaWorld a les yeux sur le géant britannique G4S

Garda espère que les administrateurs de la compagnie londonienne seront interpellés par leurs actionnaires afin de négocier.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Garda espère que les administrateurs de la compagnie londonienne seront interpellés par leurs actionnaires afin de négocier.

Repoussée à trois reprises par le conseil d’administration de G4S depuis la mi-juin, GardaWorld a tenté de forcer la main du géant britannique de la sécurité en dévoilant une proposition non sollicitée d’environ 5,2 milliards de dollars canadiens — qui a aussitôt été rejetée.

La multinationale québécoise a expliqué avoir agi de la sorte, lundi, dans l’espoir que les administrateurs de la compagnie londonienne soient interpellés par leurs actionnaires afin de négocier.

« G4S a besoin d’un propriétaire, pas d’un gestionnaire, a souligné le fondateur ainsi que président et chef de la direction de GardaWorld, Stéphane Crétier, dans un communiqué. Nous allons redresser G4S pour nous assurer qu’elle livre la marchandise à ses clients. »

L’homme d’affaires québécois n’était pas disponible pour accorder des entrevues. Le nom de GardaWorld avait été associé à G4S l’an dernier, mais la société de services de sécurité établie à Montréal avait renoncé à acquérir sa rivale comptant cinq fois plus d’employés.

Dans son offre potentielle d’environ 3 milliards de livres, GardaWorld propose 190 pence (3,20 $CA) pour chaque action de la compagnie britannique — ce qui constitue une prime de 30 % par rapport à son cours de clôture de vendredi. À la Bourse de Londres, l’action de la société britannique a bondi de 24 %, à 180,88 pence (3,05 $CA).

Le conseil d’administration de G4S a souligné, dans un communiqué, avoir rejeté, samedi dernier, l’offre de GardaWorld.

« Le conseil estime que le moment choisi pour la proposition est hautement opportuniste, car il survient dans une période marquée par d’importantes turbulences sur les marchés », a-t-il fait valoir, en suggérant aux actionnaires de ne rien faire pour le moment.

Lundi après-midi, GardaWorld n’avait pas commenté le refus exprimé par les administrateurs de G4S.

24%
C’est le bond qu’a fait l’action de la société britannique à la Bourse de Londres.

Dans une lettre datée du 31 août envoyée au conseil de la compagnie britannique, M. Crétier a rappelé que la première proposition était de 102 pence (1,72 $CA) par action et estimait que sa plus récente offre allait intéresser les actionnaires.

« Elle est entièrement financée et en espèces », écrivait-il.

G4S compte plus de 533 000 employés répartis dans 85 pays. Fondée il y a plus de 25 ans, GardaWorld emploie plus de 102 000 salariés en Amérique du Nord, en Afrique, en Asie ainsi qu’au Moyen-Orient.

En juillet, la firme londonienne avait dévoilé des profits d’approximativement 165 millions de dollars canadiens pour les six premiers mois de l’année, relativement stables par rapport à la même période l’an dernier. Les revenus avaient toutefois fléchi de 1,5 %, à 5,7 milliards.

Dans sa missive, M. Crétier reconnaît que ces résultats ont dépassé les attentes, qui n’étaient pas très élevées dans le contexte actuel. Le grand patron de GardaWorld a toutefois ajouté que le bilan à plus long terme n’était guère reluisant, en soulignant que les marges étaient demeurées stables depuis 2014 en dépit d’importants investissements et des restructurations.

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