La reprise économique inégale représente un risque

Selon Tiff Macklem, les récessions inégales qui affectent davantage certains travailleurs et secteurs que d’autres ont tendance à être plus longues et à laisser des marques plus profondes sur le marché du travail.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Selon Tiff Macklem, les récessions inégales qui affectent davantage certains travailleurs et secteurs que d’autres ont tendance à être plus longues et à laisser des marques plus profondes sur le marché du travail.

Le gouverneur de la Banque du Canada a prévenu jeudi que le plus lent retour à la normale auquel sont confrontés les femmes, les jeunes et les travailleurs à faible salaire pourrait constituer une menace pour la reprise économique plus large après la pandémie de COVID-19.

Selon Tiff Macklem, les récessions inégales qui affectent davantage certains travailleurs et secteurs que d’autres ont tendance à être plus longues et à laisser des marques plus profondes sur le marché du travail. Dans le texte d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Canada, le gouverneur souligne que les femmes et les jeunes sont plus susceptibles d’avoir été licenciés de façon permanente en raison de la pandémie.

Mais les personnes licenciées mettent en moyenne deux fois plus de temps à retrouver du travail que les personnes mises à pied temporairement, a souligné M. Macklem, ce qui risque de nuire à long terme à leurs perspectives d’emploi et de réduire durablement leurs revenus de façon durable, en particulier pour les jeunes.

M. Macklem a assuré que la banque centrale faisait tout ce qu’elle peut pour soutenir la croissance et remettre les gens au travail. Il a ajouté que le retour au travail était le meilleur moyen d’améliorer les résultats économiques au fil du temps, notant que des conséquences inégales pour certains pouvaient se traduire par de mauvais résultats pour tout le monde.

« Travailler pour l’égalité des chances est tout simplement la bonne chose à faire. C’est aussi bon pour la croissance. La perte d’emplois chez les femmes, les jeunes et les petits salariés est un problème pour nous tous », est-il écrit dans le texte de son discours. « Si ces travailleurs en venaient à se décourager et à quitter la population active, ou encore s’ils perdaient des compétences précieuses au fil du temps, leur participation réduite à l’activité économique affaiblirait notre potentiel de croissance. Et le niveau de vie de tout le monde s’en trouverait rabaissé. »

Les employés à faible salaire et les femmes ont été parmi les plus durement touchés lorsque les confinements en mars et en avril ont entraîné la perte de trois millions d’emplois et la réduction des heures de travail pour 2,5 millions d’autres travailleurs. Le taux de chômage, qui se trouvait à un creux de quatre décennies, a grimpé à un sommet historique. Le pays a récupéré près de deux millions des emplois perdus, mais la cadence des gains pour les femmes, les jeunes, les Autochtones et les travailleurs de diverses communautés n’a pas enregistré un rebond aussi important.

Reports de paiements

Autre effet de la pandémie, les reports de paiements hypothécaires ont totalisé environ 1 milliard de dollars chaque mois, ce printemps, pendant la pandémie de COVID-19, a indiqué jeudi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Le calcul de l’agence fédérale s’appuie sur l’estimation d’Equifax Canada, laquelle indique que le paiement hypothécaire mensuel moyen au Canada est de 1333 $.

À la fin du deuxième trimestre, relativement peu de gens étaient en défaut de paiement de leur prêt hypothécaire, même si la SCHL dit qu’elle s’attend à une augmentation des prêts hypothécaires en souffrance à mesure que les programmes de report prendront fin cet automne. La SCHL dit qu’elle s’attend également à ce que moins de Canadiens prennent de l’avance dans leurs versements hypothécaires cette année, par rapport à 2019, une tendance qui augmentera le niveau national de dette hypothécaire d’ici la fin de cette année.

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