Les événements hybrides, une «clé», selon le Palais des congrès de Montréal

Au Palais des congrès, où l’activité a été stoppée net par la pandémie, 23 événements ont été annulés alors que 17 ont été reportés.
Graham Hughes La Presse canadienne Au Palais des congrès, où l’activité a été stoppée net par la pandémie, 23 événements ont été annulés alors que 17 ont été reportés.

En partie physiques et en partie virtuels, les événements hybrides occuperont de plus en plus de place dans l’univers des rendez-vous et des rassemblements, a affirmé mercredi le p.-d.g. du Palais des congrès de Montréal, en précisant que la pandémie a accéléré des tendances qui se profilaient déjà.

Bien avant la crise, le Palais des congrès avait commencé à construire des studios pour permettre à ses clients d’organiser de tels événements, mais les derniers mois ont démontré que ce type d’installation est « vraiment une clé » dans le redémarrage des activités, a dit Robert Mercure en entrevue.

L’organisation, qui a essuyé 23 annulations de congrès alors que 17 ont été reportés, est en pleine relance après avoir reçu, en août, le droit d’accueillir des rassemblements de 250 personnes à condition de respecter les consignes sanitaires et de distanciation. Pour l’année 2020-2021, il ne reste plus qu’un seul congrès de nature internationale, le Forum innovation aérospatiale, organisé par Aéro Montréal, en décembre prochain. Depuis la crise, cependant, la direction du Palais dit avoir signé 42 nouveaux événements.

Partout dans le monde, l’industrie des congrès a été durement frappée par les mesures sanitaires et les restrictions transfrontalières, qui compliquent les déplacements internationaux de participants en raison des exigences de quarantaine. Au Québec, l’interdiction de rassemblements intérieurs décrétée en mars par le gouvernement Legault a mis en pause l’organisation d’événements.

Or, un avantage des événements hybrides, selon M. Mercure, « c’est qu’on peut confirmer des dates avec nos clients ». Pour l’instant, la limite d’occupation est de 250 personnes, mais si jamais ce seuil était abaissé à 150, dit-il en exemple, « on peut toujours aller de l’avant avec l’événement ».

Un lien direct avec les hôteliers

Le recours au modèle hybride a également été adopté dans le secteur hôtelier, où l’on s’efforce de continuer à séduire la clientèle d’affaires. Le Sheraton Laval, par exemple, a récemment annoncé une collaboration avec Creativ Nation pour s’équiper d’un studio pouvant accueillir des participants en personne, de même qu’afficher ceux se trouvant à distance sur un écran de trois mètres sur neuf mètres.

Selon le rapport annuel 2018-2019, le Palais des congrès a accueilli 353 événements auxquels ont participé 915 000 personnes. Les retombées économiques, dans lesquelles il faut compter 142 000 nuitées, sont estimées à environ 215 millions de dollars. Dans cette optique, le Palais des congrès est en étroite communication avec les hôtels. Dans bien des cas, ceux-ci sont incapables de recevoir 250 personnes en respectant les consignes de distanciation. M. Mercure a dit que les établissements peuvent rediriger les organisateurs d’événements vers le Palais des congrès, plus spacieux, et ainsi conserver les revenus liés aux nuitées.

Traditionnellement, les concurrents de Montréal sont Toronto et Vancouver. « Avec ce qui se passe aux États-Unis, le Canada et Montréal sont très, très bien positionnés pour le moment où le marché reviendra », a dit M. Mercure. Le créneau des congrès internationaux est présentement aux prises avec de l’incertitude.

« Le marché est ce qu’il est. C’est une réalité pour tout le monde. Mais si on peut continuer à aller de l’avant avec notre évolution et les nouvelles choses, on peut mieux se positionner en vue de la relance économique, qui viendra un jour. Beaucoup de centres de congrès sont en train de fermer. On fait tout pour demeurer visible, pour accroître notre part de marché et se positionner comme leader dans les événements hybrides, par exemple. »

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