Le siège social de Cogeco restera à Montréal, assure Rogers

Les actifs médias de Cogeco comprennent 23 stations de radio comme le 98,5 FM à Montréal, les stations Rythme et le FM93 à Québec.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les actifs médias de Cogeco comprennent 23 stations de radio comme le 98,5 FM à Montréal, les stations Rythme et le FM93 à Québec.

Si jamais la famille Audet acceptait de vendre Cogeco, le siège social serait maintenu à Montréal, a affirmé Rogers vendredi, en disant avoir fait la même chose lors de l’acquisition du fournisseur sans fil Fido au milieu des années 2000.

Deux jours après les propos inquiets du premier ministre François Legault, qui a dit craindre le déménagement du centre décisionnel de Cogeco vers l’Ontario lors d’une entrevue au FM93, la société torontoise a indiqué qu’elle souhaite même « accroître sa présence au Québec ».

« À l’issue d’une transaction avec Cogeco, Rogers veillerait à ce que le siège social et l’équipe de direction de Cogeco demeurent dans la province, notamment pour ce qui est des actifs de médias de la société au Québec, a indiqué Rogers dans un long communiqué. Cette approche est semblable à celle adoptée à la suite de l’acquisition de Fido il y a 16 ans ; marque dont le siège social situé au centre-ville de Montréal, à la Place Bonaventure, a été récemment rénové, moyennant un investissement de 42 millions de dollars dans des bureaux modernes. »

La société Altice USA a pris tout le monde de court mercredi en dévoilant une offre non sollicitée de 10,3 milliards pour Cogeco et sa filiale de câblodistribution, Cogeco Communications. Elle souhaiterait garder les actifs américains — Atlantic Broadband, neuvième câblodistributeur aux États-Unis — et revendre les actifs canadiens à Rogers pour 4,9 milliards. Rogers possède déjà 41 % des actions à droit de vote subalterne de Cogeco.

Les actifs médias de Cogeco comprennent 23 stations de radio comme le 98,5 FM à Montréal, les stations Rythme et le FM93 à Québec. Ces stations ont déjà appartenu au groupe ontarien Corus et à RNC Media. Pour Cogeco, dont le chiffre d’affaires annuel des activités de télécommunications tourne autour de 2,4 milliards, les activités radio représentent 103 millions, mais elles font de Cogeco le premier acteur privé en radio au Québec.

Rogers a pris soin d’inclure dans son communiqué une citation de Robert Dépatie, qui siège à son conseil et a déjà dirigé Vidéotron et Québecor.

« Rogers, le plus important actionnaire de longue date de Cogeco, a de profondes racines au Québec et compte près de 2 millions de clients ici, a-t-il déclaré. Nous appuyons la valeur que cette proposition apportera à tous les actionnaires. »

Or, la famille Audet, qui garde le contrôle de Cogeco et de sa filiale grâce à des actions à droits de vote multiples, a rapidement affirmé qu’elle ne souhaite pas vendre ses actions. Altice a dit qu’elle verserait 800 millions à la famille si la transaction était acceptée.

Après avoir rejeté l’offre mercredi matin dans un communiqué laconique, la famille Audet est revenue à la charge en soirée.

« La famille est fière de son rôle d’intendance auprès des deux sociétés qui offrent des services de grande qualité à leurs clients, enrichissent les communautés où elles exercent leurs activités et créent des rendements supérieurs pour les actionnaires grâce à de saines stratégies de croissance », a-t-elle écrit.

Le maintien des sièges sociaux est depuis longtemps un enjeu important aux yeux de Louis Audet, dont le père, Henri Audet, a fondé Cogeco en 1957. « Cogeco et la famille Audet trouvent important pour notre société de conserver des sièges sociaux forts au Québec rayonnant sur le monde à partir de Montréal tel que le nôtre », a-t-il dit lors d’un passage à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en 2014. « Nous avons à cœur de voir la société québécoise devenir plus forte, plus prospère, et notre conviction est profonde. »

L’action de Cogeco a terminé la séance en légère baisse, à 92,60 $, vendredi à la Bourse de Toronto. Altice a offert de verser 106,53 $ pour chaque action subordonnée de la compagnie, soit une prime d’environ 30 % sur le cours moyen du mois d’août.

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