Le Canada doit repenser l’innovation, plaide un regroupement d’entreprises

Le CCI comprend près de 125 entreprises à travers le Canada, dont plus d’une vingtaine au Québec.
Photo: Getty Images / iStockphoto Le CCI comprend près de 125 entreprises à travers le Canada, dont plus d’une vingtaine au Québec.

Le Canada a grandement besoin de rafraîchir sa vision de ce qu’est l’économie de l’innovation et devrait se doter de nouvelles politiques pour mieux soutenir cet écosystème, affirme un regroupement de sociétés du secteur technologique dans une série de recommandations qui visent principalement le gouvernement fédéral.

Un tel exercice contribuerait non seulement à relancer l’économie dans un contexte post-pandémique, mais à jeter de nouvelles bases pour l’avenir de l’économie, juge le Conseil canadien des innovateurs (CCI) dans un rapport rendu public mardi matin.

Le CCI comprend près de 125 entreprises à travers le Canada, dont plus d’une vingtaine au Québec comprenant notamment la société Lightspeed (systèmes transactionnels), Hopper (réservation de billets d’avion), Hatch (génie-conseil), Coveo (intelligence artificielle) et LeddarTech (composants pour véhicules autonomes). Son président du conseil est Jim Balsillie, ancien président de BlackBerry.

« Pendant des années, les experts en innovation ont fait valoir qu’un des éléments indispensables à une croissance régionale durable était la présence d’un nombre important d’entreprises en expansion », écrit le CCI, dont le rapport évoque notamment le besoin de créer les conditions afin de soutenir les entreprises pour qu’elles puissent aussi se tailler une place à l’international. « En l’absence d’une base solide d’entreprises nationales à forte croissance au Canada, nos gouvernements ne disposeront pas de la richesse publique nécessaire pour combler le déficit accumulé pendant la pandémie qui, selon les prévisions actuelles, devrait dépasser les 350 milliards de dollars. »

125
C’est le nombre d’entreprises que comprend le CCI à travers le Canada, dont plus d’une vingtaine au Québec.

Entre autres, plaide le regroupement, le Canada devrait se montrer un peu plus attentif aux acteurs de son propre écosystème. Parmi les entreprises technologiques qui ont offert leurs services au Canada dans le contexte de la pandémie — solutions de télétravail, pour ne nommer que cette soudaine réalité —, certaines ont eu « plus d’impacts à l’extérieur du Canada », entre autres dans les efforts des gouvernements consistant à distribuer l’aide financière.

Le CCI prône également une révision de l’évaluation des investissements directs étrangers, car ceux-ci, lorsque faits dans l’économie numérique, peuvent parfois être de nature extractive. Il donne en exemple l’exode potentiel de données vers l’étranger.

Par ailleurs, on recommande la prolongation jusqu’en décembre 2020 du Programme d’aide à l’innovation pour les entreprises lourdement versées dans la recherche et le développement, de même que l’adoption d’une stratégie pancanadienne en matière de données.

« La capacité collective d’amasser, de contrôler, de détenir et de commercialiser ces nouveaux actifs déterminera notre capacité à fournir des services sociaux et des emplois » tout en assurant la sécurité de la population, avance-t-il.

Le gouvernement fédéral a dévoilé au début du mois de juin la composition d’un comité d’experts — le Conseil sur la stratégie industrielle — afin de déterminer quels défis la COVID-19 aura occasionnés dans différents secteurs de l’économie. Présidé par Monique Leroux, le comité est composé de personnes provenant de divers milieux : automatisation, haute technologie, ressources, transport, etc. On y retrouve aussi la conseillère scientifique en chef du Canada, Mona Nemer, qui a déjà occupé la vice-présidence à la recherche de l’Université d’Ottawa.

À voir en vidéo