Le bénéfice d’Hydro-Québec a chuté de 430 millions en première moitié de 2020

Hydro-Québec précise que les mesures sanitaires imposées par le gouvernement du Québec ont entraîné au deuxième trimestre une baisse de demande de 12% sur la période dans le secteur des grands clients industriels, mais d’une hausse de 5% chez les clients résidentiels.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Hydro-Québec précise que les mesures sanitaires imposées par le gouvernement du Québec ont entraîné au deuxième trimestre une baisse de demande de 12% sur la période dans le secteur des grands clients industriels, mais d’une hausse de 5% chez les clients résidentiels.

Un hiver plus clément et une diminution des besoins de consommation d’électricité ont contribué à soustraire 433 millions au bénéfice net du premier semestre par rapport à l’an dernier, Hydro-Québec étant par ailleurs toujours à pied d’oeuvre pour mesurer l’impact à plus long terme des effets de la pandémie sur la consommation.

La société d’État a dévoilé vendredi un bénéfice net de 1,6 milliard pour la période de janvier à juin, un important recul comparativement à l’excédent de 2,04 milliards enregistré dans la première moitié de 2019.

Parmi les autres facteurs figurent une baisse du nombre d’heures de travail capitalisées dans le coût des projets d’investissement de même qu’une hausse de la provision pour risque de non-recouvrement.

Pour le deuxième trimestre seulement, le bénéfice s’est chiffré à 80 millions, une chute de 70 % par rapport à l’an dernier, a indiqué Hydro-Québec, dont la direction croit que l’année pourrait produire un bénéfice net légèrement supérieur à deux milliards, par rapport à une prévision prépandémie de 2,9 milliards.

Les répercussions de la pandémie « continueront à se faire sentir au cours des prochains trimestres, et nous en sommes actuellement à évaluer l’ampleur à plus long terme de ces impacts », a dit en conférence téléphonique le chef de la direction financière et du risque de la société d’État, Jean- Hugues Lafleur, dont les propos font écho à ceux tenus récemment par la présidente, Sophie Brochu.

Les derniers mois ont également été marqués par la décision de reporter « plusieurs investissements ».

Dans les documents financiers, Hydro- Québec précise que les mesures sanitaires imposées par le gouvernement du Québec ont entraîné au deuxième trimestre une baisse de demande de 12 % sur la période, dans le secteur des grands clients industriels, mais d’une hausse de 5 % chez les clients résidentiels. Il en résulte une baisse globale de consommation de 6 %.

Au chapitre des marchés hors Québec, les ventes ont diminué de 7 % vers l’Ontario, de 4 % vers la Nouvelle- Angleterre et de 7 % vers l’État de New York. Le prix moyen obtenu a été de 4,4 cents/kWh, par rapport à 4,9 cents/ kWh l’an dernier.


Pandémie
 

Hydro-Québec a par ailleurs ajouté 35 millions à sa provision pour risque de non-recouvrement, ce qui s’ajoute à une somme de 90 millions qui est généralement prévue au cours d’une année normale, a dit M. Lafleur. Invité à ventiler l’origine de ces 35 millions parmi la clientèle, il a dit que « ce que l’on voit, c’est plus du côté du petit industriel et du commercial que du côté résidentiel ».

L’impact économique de la pandémie sur les revenus de la clientèle a vite incité Hydro-Québec à conclure des ententes de paiements dans ses divers créneaux.

« On aurait pu penser que ce serait plus que 35 millions, mais les mesures gouvernementales mises en place, les mesures que nous-mêmes avons mises en place pour faciliter les paiements, font en sorte que ce n’est pas un montant si élevé que ça, compte tenu de la taille d’Hydro-Québec », a dit M. Lafleur.


Prévisions financières

Dès le mois de mai, Hydro-Québec a fait savoir qu’elle devait revoir ses prévisions financières pour l’année en cours, la société d’État précisant également qu’elle allait se pencher sur ses plans à l’international. Le plan stratégique 2020-2024, qui fait l’objet d’une réévaluation, prévoyait que le bénéfice de 2,8 milliards en 2019 allait grimper autour de 3,6 milliards en 2024, quelque part entre 3,3 milliards et 4,2 milliards.

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