Quel avenir pour une filière du lithium au Québec?

Le gouvernement Legault promeut depuis longtemps l’idée que le Québec, grâce à la présence de minéraux «critiques», est bien placé pour développer toute une chaîne de valeur, de l’extraction du minerai jusqu’à la fabrication de batteries lithium, lesquelles sont destinées au secteur des transports.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le gouvernement Legault promeut depuis longtemps l’idée que le Québec, grâce à la présence de minéraux «critiques», est bien placé pour développer toute une chaîne de valeur, de l’extraction du minerai jusqu’à la fabrication de batteries lithium, lesquelles sont destinées au secteur des transports.

Le projet consistant à développer une filière du lithium au Québec nécessitera environ 7 milliards au total, estime le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, selon lequel le gouvernement, qui cherche des investisseurs et serait disposé à investir lui-même, profitera d’une éventuelle décision de la cour sur le sort de Nemaska Lithium pour présenter sa vision d’avenir.

Le gouvernement Legault promeut depuis longtemps l’idée que le Québec, grâce à la présence de minéraux « critiques », est bien placé pour développer toute une chaîne de valeur, de l’extraction du minerai jusqu’à la fabrication de batteries, destinées évidemment au secteur des transports dont on espère une électrification croissante dans le monde.

Invité par un député de l’opposition à dire s’il était possible de diffuser un plan publiquement pour expliquer ce dont il retourne, le ministre Fitzgibbon a dit en commission parlementaire qu’« on a un pitch qu’on fait dans le monde, qui est très bien fait ». « En fait, quand on va voir ce qui se passe avec Nemaska — on va le savoir dans les prochains jours —, ça serait important à ce moment-là, et je prends note de votre point, d’expliquer le plusclairement possible la vision du gouvernement. »

« On a engagé McKinsey pour nous aider, on a un plan très, très clair. Ça va coûter 7 milliards. Le gouvernement du Québec, je pense qu’on doit mettre là-dedans une couple de milliards, a dit le ministre. C’est un projet qui va être tellement structurant pour le Québec. Contrairement à des projets comme Stornoway, où on fait des diamants qu’on amène à la Bourse, qu’on vend en espérant avoir un bon prix, ici on peut aller loin dans la chaîne d’approvisionnement. Mais tout seuls, on ne peut pas faire ça. Impossible. Ça nous prend de l’expertise. »

Nemaska Lithium est un projet de mine près de la Baie-James et d’une usine électrochimique à Shawinigan qui a connu des dépassements de coûts majeurs, faisant passer le projet de 875 millions à 1,27 milliard. La compagnie s’est protégée de ses créanciers en 2019 pour se concentrer sur un nouveau financement. Son action a été radiée de la Bourse de Toronto. Investissement Québec détenait un bloc de 13 % à la suite d’un placement de 80 millions. L’an dernier, la direction de Nemaska Lithium avait affirmé qu’elle cherchait environ 1,1 milliard pour remettre le projet sur les rails.

Ça va coûter 7 milliards. Le gouvernement du Québec, je pense qu’on doit mettre là-dedans une couple de milliards. C’est un projet qui va être tellement structurant pour le Québec.

 

« Un juge de la cour regarde différentes offres. Je ne sais pas quelles sont ces offres », a dit le ministre Fitzgibbon en faisant référence à une possible décision du tribunal « probablement d’ici 48 heures ». Un courriel envoyé à Nemaska Lithium pour savoir si une quelconque décision est attendue dans les prochains jours est demeuré sans réponse.

L’hydrogène

Une autre filière potentielle, celle de l’hydrogène, retient une bonne partie de l’attention d’Investissement Québec, a dit lors de son témoignage le p.-d.g. de ce bras financier gouvernemental, Guy LeBlanc. « On est très certainement intéressés à participer, s’il s’agit d’hydrogène vert. On est tout à fait ouverts à s’impliquer. Maintenant, je dirais que nos efforts principaux à l’heure actuelle portent surtout sur l’électrification des transports et vraiment, comme le ministre l’expliquait, à partir de la mine jusqu’aux batteries et à la fabrication de véhicules électriques. »

Ces propos font écho à ceux tenus plus tôt cette semaine par la nouvelle présidente d’Hydro-Québec, Sophie Brochu, selon qui le développement de la filière de l’hydrogène au Québec pourrait permettre d’attirer des investissements et de transformer l’économie. Elle a même parlé du développement de l’hydrogène vert, fait à partir de l’électrolyse de l’eau, comme étant «quelque part les nouveaux barrages du Québec ».

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