De nouvelles allégations contre Ubisoft, à Québec

L’éditeur de jeux vidéo Ubisoft a été secoué depuis la fin du printemps par de nombreuses dénonciations d’intimidation, de harcèlement et autres comportements toxiques dans ses rangs, notamment dans ses bureaux de Montréal.
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse L’éditeur de jeux vidéo Ubisoft a été secoué depuis la fin du printemps par de nombreuses dénonciations d’intimidation, de harcèlement et autres comportements toxiques dans ses rangs, notamment dans ses bureaux de Montréal.

De nouvelles allégations de harcèlement, d’intimidation et de climat toxique ont été faites à propos de l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft, mais cette fois à ses bureaux de Québec.

Rapportées vendredi sur le site d’information spécialisé britannique Gamasutra, les nouvelles allégations s’appuieraient sur les témoignages de sept employés actuels et passés dont l’identité n’est pas dévoilée. Il y est question de quatre personnes en position de responsabilité qui se livreraient à toutes sortes decomportements abusifs, particulièrement à l’endroit des femmes, en insultantleurs subalternes au point de les faire pleurer, en tenant des propos sexistes et homophobes, en frappant dans les murs et en lançant des objets.

Le Devoir n’a pas pu vérifier ces nouvelles allégations qui viennent s’ajouter à de nombreuses autres plaintes du même genre dans d’autres studios de l’entreprise, notamment à Montréal.

Ubisoft Québec, qui compte 530 employés dans la capitale, n’a pas voulu non plus commenter directement ces allégations. « Il est important de réitérer que nous ne tolérerons aucun comportement inapproprié ou inconduite, et nous enquêtons sur chaque allégation qui est faite, a déclaré dans un courriel sa porte-parole, Meggie Métivier. Par contre, nous ne sommes pas en mesure de fournir des détails relatifs aux enquêtes en cours, y compris si des personnes spécifiques font l’objet d’une enquête ou non. Il ne s’agit pas de cacher des informations ; il s’agit plutôt de préserver l’intégrité de l’enquête et la vie privée des personnes impliquées. »

Entre-temps, l’entreprise a confirmé vendredi, à l’Agence France-Presse, le congédiement d’Ashraf Ismail, le directeur créatif qui était chargé du développement à Montréal du prochain opus de sa série de jeux Assassin’s Creed prévu pour le 17 novembre.

Photo: Neilson Barnard Getty Images Agence France-Presse Le directeur créatif Ashraf Ismail s’est fait montrer la porte à l'issue d'une enquête interne.

Accusé par une salariée d’avoir menti sur sa situation maritale et d’avoir profité de son statut pour avoir des relations extraconjugales, M. Ismail avait annoncé, au cours du mois de juin, vouloir prendre du recul, publiant par la même occasion sur Twitter un message dans lequel il se déclarait « profondément désolé pour tous ceux qui ont été blessés ».

« À l’issue d’une enquête interne, M. Ismail a été licencié d’Ubisoft et ne fait plus partie de nos employés », a confirmé un porte-parole du groupe, qui compte 18 000 salariés dans le monde, dont 22 % de femmes, sans préciser si l’enquête était en lien avec les accusations portées contre son ex-directeur créatif.

Mesures correctives

L’éditeur de jeux vidéo français a été secoué depuis la fin du printemps par de nombreuses dénonciations d’intimidation, de harcèlement et autres comportements toxiques dans ses rangs, notamment dans ses bureaux de Montréal. Les plaintes de plusieurs employés actuels et passés ont conduit, entre autres, au remplacement du patron des studios de la compagnie dans la métropole depuis 2006, Yannis Mallat, par un autre cadre de longue date, Christophe Derennes, également cousin du président et fondateur de l’entreprise, Yves Guillemot.

Le directeur de la création et numéro deux du groupe, Serge Hascoët, et la responsable des ressources humaines pour le monde, Cécile Cornet, ont aussi été poussés à démissionner. D’autres dirigeants ont aussi été suspendus à Toronto et à Paris.

« Ubisoft n’a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif », avait regretté M. Guillemot, cité dans le communiqué annonçant leur départ.

Dans la foulée de ces dénonciations, la compagnie a annoncé à Montréal, il y a deux semaines, puis à Québec, ce lundi, une série de « mesures concrètes pour un environnement respectueux et sécuritaire ».

Des enquêtes « externes, neutres et indépendantes » sont l’une d’elles. On promet aussi, entre autres, un audit externe des pratiques et du mode de gouvernance, un plan de formation obligatoire pour un environnement de travail plus respectueux, des équipes de direction plus diversifiées ainsi que la création d’un poste d’ombudsman externe qui se rapportera directement au conseil d’administration du groupe.

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