La construction résidentielle a rattrapé le retard du printemps

Québec avait permis la réouverture des chantiers de construction résidentielle le 20 avril dernier.
Ryan Remiorz La Presse canadienne Québec avait permis la réouverture des chantiers de construction résidentielle le 20 avril dernier.

Le bruit des marteaux depuis le déconfinement à la fin du mois d’avril est à ce point continu que l’industrie de la construction résidentielle a rattrapé presque tout son retard en ce qui concerne les mises en chantier des sept premiers mois de 2020 par rapport à l’année dernière.

Un peu plus de 4700 chantiers ont vu le jour au Québec au mois de juillet, a indiqué mardi la Société canadienne d’hypothèques et de logement, une hausse de 23 % par rapport à l’an dernier qui dépasse les prévisions et fait suite à des mois tout aussi robustes en mai et en juin.

« De juillet 2019 à juillet 2020, les 43 018 mises en chantier dénombrées dans la province ne laissent voir qu’une légère diminution de 1 % par rapport à la période précédente de douze mois, et ce, en dépit de l’absence d’activité en avril dernier », a mentionné l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) après l’analyse des données.

Selon le directeur du service économique de l’APCHQ, Paul Cardinal, la reprise de la construction résidentielle dans la foulée de l’arrêt obligatoire du 24 mars au 19 avril fait en sorte que « le retard n’est plus que de 2 % comparativement à l’année dernière en ce qui a trait au cumul des sept premiers mois ». Le mois de mai s’était soldé par une augmentation de 27 % du nombre de mises en chantier, suivi d’une nouvelle hausse de 12 % en juin.

Lorsque les données mensuelles sont projetées sur 12 mois, le mois de juillet a produit un rythme annualisé de près de 64 000 mises en chantier, surpassant le seuil des 60 000 pour un troisième mois consécutif. Il s’agit là d’un niveau « très élevé », selon la Financière Banque Nationale.

4700
C’est le nombre de chantiers qui ont vu le jour au Québec pendant le mois de juillet, ce qui équivaut à une hausse de 23 % par rapport à l’an dernier.

Les nouveaux propriétaires résidentiels devant quitter leur résidence pour une nouvelle ont eu la frousse au mois de mars lorsque le gouvernement Legault a annoncé la pause forcée dans le milieu de la construction. Se disant préoccupé par le spectre d’une crise du logement s’ajoutant au contexte pandémique, Québec a convenu avec les représentants de l’industrie d’une série de protocoles afin de permettre un redémarrage à compter du 20 avril.

À l’échelle pancanadienne, lerythme annualisé de mises en chantier s’est établi à 245 600 au mois de juillet, ce qui représente un bond de 15 % par rapport aux 212 000 du mois précédent. « Le nombre de mises en chantier a atteint un niveau exceptionnellement élevé », a écrit le Mouvement Desjardins. « Cette vive progression s’explique sans doute par le fait que le marché est en train de combler une demande refoulée qui s’était accumulée lors du confinement printanier. »

En comparant les chiffres des sept premiers mois de 2020 et de 2019, le Mouvement Desjardins en vient à la conclusion que la plupart des provinces, en fait, sont revenues au même niveau. Puisque la demande semble avoir été comblée, la cadence des mises en chantier serait donc appelée à ralentir quelque peu au cours des prochains mois pour revenir à un rythme normal plus près de sa tendance.

D’autant plus que d’autres facteurs continueront de peser dans la balance, selon le Mouvement Desjardins, dont le taux de chômage qui prendre du temps avant de descendre à ses niveaux prépandémie et l’effet potentiel d’une immigration au ralenti, compte tenu des complications frontalières découlant de la crise.

Le taux de chômage au Québec s’est établi à 9,5 % en juillet, comparativement à 10,9 % dans l’ensemble du Canada. Le mois précédent, le taux de chômage québécois était de 10,7 %, déjà une énorme amélioration par rapport à ce qu’il était en mai (13,7 %) et en avril (17 %).

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