Les revenus d’Air Canada ont du plomb dans l’aile

Au deuxième trimestre, le transporteur a réduit sa capacité de 92% par rapport au trimestre correspondant de 2019 et prévoit l’abaisser encore d’environ 80% lors du troisième trimestre de 2020.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Au deuxième trimestre, le transporteur a réduit sa capacité de 92% par rapport au trimestre correspondant de 2019 et prévoit l’abaisser encore d’environ 80% lors du troisième trimestre de 2020.

La crise de la COVID-19 a lourdement plombé le rendement d’Air Canada. La société aérienne rapporte vendredi que par rapport à la période correspondante de l’exercice précédent, au cours de laquelle elle avait dégagé un bénéfice net de 343 millions, elle vient de subir une perte nette de 1,75 milliard au deuxième trimestre, soit 6,44 $ par action, beaucoup plus que les 3,67 $ l’action attendus par les analystes.

Les revenus d’Air Canada ont dégringolé de 89 % pour s’établir à 527 millions, contre plus de 4,7 milliards à la même période en 2019. Au 30 juin, sa dette nette s’établissait à 4,56 milliards, en hausse de 1,72 milliard par rapport au 31 décembre dernier.

Au deuxième trimestre, le transporteur a réduit sa capacité de 92 % par rapport au trimestre correspondant de 2019 et prévoit l’abaisser encore d’environ 80 % lors du troisième trimestre de 2020. La compagnie a annoncé des compressions d’effectif visant environ 20 000 employés, soit plus de 50 % de son personnel. Elle procède aussi au retrait de son parc de 79 avions plus anciens, soit plus de 30 % de sa flotte.

 

Urgence de rouvrir les frontières

Le président et chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, constate que les résultats du deuxième trimestre confirment les effets dévastateurs et sans précédent de la pandémie de COVID-19 et des restrictions de déplacements, fermetures de frontières et mesures de mise en quarantaine imposées par les autorités gouvernementales. Il fait remarquer qu’Air Canada a accueilli moins de 4 % du nombre de passagers transportés au deuxième trimestre de l’exercice précédent.

M. Rovinescu croit qu’il est urgent que les autorités gouvernementales du Canada prennent des mesures afin de rouvrir prudemment la frontière et de rétablir l’activité économique. Il soutient qu’ailleurs dans le monde, d’autres territoires démontrent qu’il est possible de gérer de manière sécuritaire les priorités que sont la santé publique, la relance économique ainsi que la préservation et la création d’emplois.

« Au Canada, les restrictions fédérales et interprovinciales comptent parmi les plus strictes du monde. Dans les faits, ces restrictions ont entraîné la cessation de la quasi-totalité des activités du secteur de l’aviation commerciale », a-t-il déclaré. Invoquant un « contexte opérationnel pratiquement impossible », la compagnie a appelé Ottawa à adopter « des mesures prudentes visant à remplacer les restrictions globales de déplacements et les exigences de mise en quarantaine par des mesures ciblées, fondées sur des données éprouvées et tenant compte du contexte actuel ».

Avec l’Agence France-Presse

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